"Répertoire#1", le hip-hop de Mourad Merzouki entre aux Nuits de Fourvière

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 24/06/2014 à 16H17
Mourad Merzouki revisite sa propre pièce "Agwa" et la fait entrer dans "Répertoire#1" aux Nuits de Fourvière

Mourad Merzouki revisite sa propre pièce "Agwa" et la fait entrer dans "Répertoire#1" aux Nuits de Fourvière

© Gilles Aguillar / Les Nuits de Fourvière

Petit prince lyonnais du hip-hop, Mourad Merzouki s’offre le théâtre antique de la ville. A l’occasion des Nuits de Fourvière, il invite quatre amis chorégraphes et trente danseurs à créer ensemble un spectacle inédit, autour d’un genre devenu référence. Une heure de jeu où les chorégraphes revisitent leurs œuvres dans une arène exaltée.

Depuis le temps qu’il nous fait rêver, rire et espérer Mourad Merzouki n’a plus à le prouver : le hip-hop, danse de la rue, danse des banlieues, a toute sa place dans les danses actuelles. Des noms, des œuvres et une littérature, le hip hop est aujourd’hui un répertoire qui mixe les publics. 

Pour son "Répertoire # 1", Mourad Merzouki s'entoure d'une brochette de talents : Kader Attou, Anthony Egéa, Bouba Landrille Tchouda, Marion Motin.

 Reportage : S. Adam / L. Crozat / C. Foulon / AS. Saboureau
Dans ce spectacle d'une heure, composé de huit pièces, trente danseurs époustouflants se succèdent sur le plateau. Les hommes de Kader Attou s’emparent de la scène et imposent le silence aux 4000 personnes installées dans les gradins de l’amphithéâtre de Fourvière. Costumes impeccables, lignes droites sans faille, le ton est donné.

Anthony Egéa signe son Boléro
Telle une introduction au Boléro revisité par Anthony Egéa, la suite du spectacle est pour nous le point d’orgue de la soirée. Un grondement qui monte, comme l’orage qui plane ce soir là sur la colline. Bel hommage au mythique "Boléro" de Béjart, mais qui se défait des codes de la chorégraphie originelle. Par la musique d’abord, qui s’appuie sur la partition de Ravel mais qui la dénature avec un piano faussement désaccordé. Par la chorégraphie ensuite. Egéa casse le cercle, Egéa reste au sol et place chaque danseur dans le rôle du soliste. A la lueur d’une lumière rasante, n'apparaissent plus que les corps étendus et les dos hypnotiques. Les danseurs parfaitement coordonnés au début, s'élèvent et sont peu à peu gagnés par la fièvre du crescendo, jusqu'à l'éclat final.

Joli coup de cœur aussi pour les danseuses de Marion Motin, les Swaggers, qui en quatre minutes rendent un vibrant hommage à Lhasa. "In the Middle" est un vocabulaire de bras et de mains qui réinterprètent "El desierto" de la chanteuse canadienne décédée en 2010. Puissance et émotion inondent le petit rond de lumière.
 
 


Toute la soirée est ponctuée de chorégraphies cultes illustrant la carrière de Mourad Merzouki. Vingt ans qu’il exerce son art avec rigueur et exigence, associant le hip-hop au classique et à toutes les influences. Le hip-hop devient un genre à part entière. 


Pour "Répertoire#1", il revisite ses propres oeuvres. On retrouve les castagnettes de "Terrain Vague", le hip-hop pur et dur de "Dix Versions", les fils poétiques de "Tricôté" et les verres d’"Agwa". Mais dans la version 2014 les verres sont en plastiques ! La prouesse des danseurs est à l’égal de la création de 2008.


 « Répertoire #1 » ce soir aux Nuits de Fourvière à Lyon 

Les Chorégraphies  de Répertoire #1 
- "Douar " 2003 de Kader Attou
- "Urban Ballet" (2008) Anthony Égéa
- "Tête d’affiche"  (2012) Bouba Landrille Tchouda
- "In the middle" (2006) Marion Motin
- “Terrain Vague” (2006) Mourad Merzouki
-“Dix Versions” (2001) Mourad Merzouki
-“Tricôté” (2008) Mourad Merzouki
-“Agwa” (2008) Mourad Merzouki