Chaillot célèbre le hip hop avec deux pièces de Kader Attou

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/12/2015 à 17H24
Kader Attou au Théâtre national de Chaillot à Paris le 15 décembre 2015

Kader Attou au Théâtre national de Chaillot à Paris le 15 décembre 2015

© Stéphane de Sakutin/AFP

Le Théâtre national de Chaillot donne jusqu'à la fin du mois deux ballets majeurs de Kader Attou, "The Roots" et "Opus 14", vibrants témoignages de la créativité du hip hop "à la Française".

Kader Attou, 41 ans, est une des figures de cette danse urbaine originaire du Bronx, importée en France dans les années 80, et qui a depuis gagné les théâtres en France, devenant une danse contemporaine à part entière, "une spécificité française", souligne-t-il. Formé au cirque et à la danse, interprète, puis fondateur de la compagnie Accrorap, premier chorégraphe de hip hop nommé à la tête d'un Centre chorégraphie national de La Rochelle en 2008, il revendique aujourd'hui une "danse d'auteur".

Une danse d'auteur poétique et musicale

"Aujourd'hui la danse hip hop c'est une danse d'auteur poétique et musicale, portée par d'excellents interprètes, et qui arrive à accaparer un argument, un propos d'un chorégraphe", a-t-il expliqué. Dans les deux pièces montrées à Chaillot, il entend "montrer que cette danse n'est pas qu'un élément spectaculaire ou de la performance, elle est au-delà".
 
"The Roots", créé à La Coursive à La Rochelle en 2013, a été un succès immédiat et a déjà tourné dans toute la France, avec plus de 100 représentations. "J'ai créé mon univers poétique, je me suis nourri de plein de choses, notamment de Buster Keaton et d'Harold Lloyd", dit-il.
"The Roots" de Kader Attou

"The Roots" de Kader Attou

© Jeff Pachoud / AFP
Le hip hop, il l'a connu à travers la télé, avec l'émission mythique H.I.P H.O.P, animée à partir de 1984 par Sydney sur TF1. Dans les quartiers, on regarde religieusement Sydney et on recopie les mouvements sur un bout de carton sur le trottoir.

À l'assaut des théâtres

Aujourd'hui, le hip hop français a muri, s'est diversifié et a conquis les théâtres. Parallèlement aux "battles" qui mettent en compétition les interprètes du monde entier, se sont développées de vraies écritures chorégraphiques, avec notamment Kader Attou  et Mourad Merzouki, directeur du CCN de Créteil.
"Opus 14", présenté à la Biennale de Lyon en 2014, explore la question du ballet. "16 danseurs sur un plateau, en terme de proposition hip hop ça existe très peu, et j'avais vraiment envie de m'attacher à l'écriture pour un ballet"; explique-t-il.
 
Sur un sol couvert des graffitis poétiques de Ludmila Volf, Kader Attou met en scène sans souci de narration un ballet urbain qui fait aussi place aux solos ou duos virtuoses. Break et figures au sol, "locking", "popping" aux mouvements désarticulés: toutes les formes de hip hop sont représentées dans ce ballet tour à tour électrique, fluide ou mélancolique, mais qui manque un peu d'unité. Kader Attou  travaille déjà à une nouvelle création "plus légère", dit-il, un quintette.