Créé en 1984 sous le titre des Aventures d’Ivan Vaffan, on découvrait alors dans ce spectacle une tribu de danseurs étrange et surprenante. En 2013, soit 30 ans plus tard, Jean-Claude Gallota nous proposait une recréation de son oeuvre...

C’est sans doute des Aventures d’Ivan Vaffan, en 1984, que date le nom de « tribu » accolé aux danseurs de Gallotta. « Tribu » parce que garçons et filles se donnaient des airs de guerriers et d’amazones incontrôlables venus d’on ne sait quelle Mongolie, harnachés comme des barbares, barbus, vêtus de loques et de strass, agitant de grands drapeaux plus vibrionnants que belliqueux. Il y avait de la joie, de l’extase, de la prière, ou du moins des rites qui s’en approchent, des attouchements, tous un peu bâtard, tous sachant s’apaiser avant de partir à la conquête d’une quelconque incongruité sensuelle, voire d’un mot d’amour.
La presse s’interrogea sur les moeurs et les rites de cette étrange horde dont les membres ne cessaient de s’étreindre fougueusement, de s’empoigner, de se palper, de se découvrir, étonnés comme des enfants. On parla alors, au-delà de la gestuelle, de « l’esprit Gallotta ».
Près de trois décennies plus tard, Jean-Claude Gallotta poursuit ce rêve un peu fou de récréer chaque année une de ses premières chorégraphies.
« J’éprouve toujours le besoin, dit-il de voir revivre mes pièces, d’en constituer le répertoire, de les relier entre elles, de défier l’éphémère qui les constitue, de confronter mon travail au temps. Pour cela je m’apprête avec bonheur à réinterroger Ivan Vaffan avec des interprètes dont la plupart n’étaient pas nés au moment de la création, à réinventer cette pièce avec eux, à accorder ses rythmes aux souffles d’aujourd’hui. »
 
Il s’agit alors pour lui de vérifi er comment l’allégresse des années quatre-vingt résiste dans le bain moins insouciant d’aujourd’hui, où le concept de la joie est en berne ; comment l’on peut encore « redistribuer les caresses » mais aussi les drapeaux, les frontières, les identités, les intimités ; comment, enfin, sa nouvelle tribu s’y prendra pour se disputer l’ordre des places sur le canapé, entre postures polissonnes et fougue contestataire.

Distribution

  • Date 17 avril 2013
  • Durée 1h 28min
  • Production LGM
  • Réalisation Jean-marc Birraux
  • Compositeur Strigall
  • Chorégraphe Jean-Claude Gallotta
  • Costumes Marion Mercier et Jacques Schiotto
  • Lumières Manuel Bernard
  • Scénographie Manuel Bernard et Jeanne Dard
  • Danseurs Alexane Albert Ximena Figueroa Ibrahim Guétissi Mathieu Heyraud Georgia Ives Bruno Maréchal Cécile Renard Gaetano Vaccaro Thierry Verger Stéphane Vitrano Béatrice Warrand