"Y Olé !" : José Montalvo se retourne vers son enfance

Par @sophiejouve1 Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/06/2015 à 17H16
"Y Olé!" de José Montalvo au Théâtre national de Chaillot

"Y Olé!" de José Montalvo au Théâtre national de Chaillot

© Patrick Berger

Des souvenirs d'enfance à l'évocation du père andalou réfugié en France, "Y Olé !" est le spectacle le plus personnel de José Montalvo. On y retrouve le brassage des styles, sa marque de fabrique, poussée ici à son paroxysme. Un télescopage parfois olé olé !

Il y a du West Side Story dans ce Sacre

Car le spectacle ouvre sur un Sacre du Printemps entremêlé de flamenco. Les talons des danseuses, leurs castagnettes, rythment la musique de Stravinsky jusqu'à la transe. Des femmes fortes et altières, insensibles semble-t-il à la douceur des danseurs de hip hop qui surgissent et ondulent parmi elles.
 
Il y a du West Side Story dans ce Sacre. La guerre des sexes a remplacé la rivalité des bandes des quartiers. Les femmes mènent la danse. 
  José Montalvo © Jean Couturier
 
Les projections vidéo, des racines à l'envers donnant naissance à un arbre fleuri, nous ramènent à une fête printanière qui finira en parade amoureuse. Pas de vierge sacrifiée dans la version du Sacre de Montalvo, ni de réelle fusion entre le flamenco et la musique de Stravinsky.

Une deuxième partie intime et sensible

Tout autre est la deuxième partie du spectacle, plus intime, plus grave, inspiré des fêtes dans les camps de réfugiés espagnols et portée par la voix chaude et vibrante de Fran Espinossa.
 
Projetés sur le mur, une barque de réfugiés, la mer, des flocons. L'histoire intime du chorégraphe d'origine espagnole trouve dans l'actualité un écho singulier .
 
Mais pas de volonté ici de parler politique, on préfère chanter des standards américains d'autrefois et s'abandonner au plaisir de danser, toutes les danses, et de s'ouvrir à l'autre : telle cette image intrigante et très belle de ces danseuses qui viennent mumurer à l'oreille des garçons, figés la tête en bas, en une sorte de poirier.
 
On aurait peut être aimé que cette partie là soit plus développée, tant elle est sensible. Le Sacre du Printemps de Montalvo nous laisse un peu sur notre faim. Le public jeune et extrêmement nombreux n'est pas de cet avis. Il vibre et ovationne. José Montalvo en gardant intact son univers, est l'un des chorégraphes les plus transgénérationnels.
  


"Y Olé !" de José Montalvo au théâtre de Chaillot  
Du 17 juin au 3 juillet 2011 Place du Trocadéro, Paris XVIe
Réservation : 01 53 65 30 00