"Fleeting" du chorégraphe Andrew Skeels au festival de Suresnes : un bijou

Par @sophiejouve1 Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse
Mis à jour le 24/01/2017 à 22H50, publié le 24/01/2017 à 13H47
Noémie Ettlin et Victor Virnot 

Noémie Ettlin et Victor Virnot 

© Dan Aucante

A Suresnes Cités Danse, un bijou de chorégraphie de l’américain Andrew Skeels. "Fleeting", pièce pour deux danseurs, marie hip-hop et musique baroque et dégage une beauté, une perfection technique et une émotion qui touchent en plein cœur.

Noémie Ettlin et Victor Virnot s’étaient déjà fait remarquer l’année dernière, dans l’œuvre collective "Street Dance Club" d’Andrew Skeels. Ils y formaient déjà un superbe duo

Noémie Ettlin et Victor Virnot sont en parfaite osmose, touchés par la grâce

Cette fois-ci c’est sur toute la durée d’une chorégraphie qu’on les admire. "Fleeting", c’est 20 minutes de pur bonheur sur les musiques de Bach, Albinoni, Vivaldi, Haendel, et aussi les moins connus Nicola Porpora ou Giovanni Bononcini.

Fleeting est composé de trois duos et de trois solos. Les solos sont très beaux, se raccrochant davantage à l’écriture hip-hop. Mais les duos nous ont bouleversés, construits comme un résumé de la condition humaine : notre fragile équilibre, nos peurs, nos chutes, notre besoin d’être relié à l’autre.
Fleeting © Dan Aucante

Dans le premier duo tout en tensions et relâchements, les corps se complètent, s’imbriquent, se protègent ou se consolent. Chaque mouvement évoque une sculpture et on est saisit par la délicatesse, l’intimité et la sensualité qui émanent du couple. Noémie Ettlin et Victor Virnot sont en parfaite osmose, touchés par la grâce.

Le public a les larmes aux yeux

Le deuxième duo amplifie le premier avec toujours une superbe émotion. Le troisième est vraiment une parabole du couple, chacun semblant chuter à son tour et être retenu par l’autre. A aucun moment on ne se pose la question d’une étiquette chorégraphique. On est bien au-delà et le public a les larmes aux yeux. 
Fleeting 3 © Dan Aucante

"Par rapport à tout le hip-hop qu’on a pu voir, il y avait une émotion, une poésie… ça m’a retournée, j’en pleurais", nous confie Agnès. Marc qui l’accompagne est tout aussi emballé : "C’est abouti, travaillé, on rentre dedans, on est dans l’histoire. Et la musique était splendide, l’association avec le hip hop fonctionnait parfaitement".

"Rock it Daddy" en deuxième partie

Trois soirées seulement pour voir Fleeting, la dernière ce mardi 24 février. Un spectacle programmé avec une autre création : "Rock it Daddy" de Mickaël Le Mer. Un sympathique hommage à son père fou de rock. Mais si le premier quart d’heure tient ses promesses en faisant résonner rock et hip-hop avec humour et une belle énergie, le reste du spectacle décline des numéros de hip-hop acrobatique des plus classiques, mais qui ravissent le jeune public nombreux en ce dimanche après-midi.
  
Le festival Suresnes Cités Danse se poursuit jusqu'au 5 février 2017 : le programme