Arcosm danse "Subliminal" dans un tourbillon d'images

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/01/2017 à 17H43, publié le 03/01/2017 à 16H44
"Subliminal" de la compagnie Arcosm. Photo

"Subliminal" de la compagnie Arcosm. Photo

© Nicolas Sénégas

"Subliminal", comme l'impact des images sur notre inconscient. C'est le titre de la dernière création de la compagnie Arcosm, présentée ce 11 janvier sur la scène de La Garance à Cavaillon. Adepte des passerelles entre disciplines artistiques, la troupe a choisi de décortiquer notre rapport à l'image, notamment médiatique. Un travail autour d'une "imagerie sonore" évoquant souvent l'actualité.

Le 8 novembre avait lieu à Echirolles (38) la première de la nouvelle création artistique de la compagnie lyonnaise Arcosm, "Subliminal". Un tableau en écho à la question des réfugiés, un discours présidentiel, un micro-perche qui harcèle les danseurs, un duo envoûtant de sœurs siamoises... Le spectacle enchaîne les tableaux, entre réalisme et poésie. En tournée pour plusieurs dates en France, les artistes mêlent danse, musique et jeu d'acteur, et les premiers spectateurs adhèrent. Certains y voient "une parodie de la télévision, un rapport à la manipulation de l'image par les médias", d'autres trouvent que "la scénographie et le travail des voix sont intéressants".

Un travail interdisciplinaire

Car l'utilisation de sons pour accompagner le mouvement, Arcosm en a fait sa signature.

"Nous travaillons sur le mélange des disciplines, musique et danse, son en live et corps", explique Thomas Guerry, le chorégraphe.

Après "Sublime", création qui explorait la mise en scène de notre propre image, par exemple sur les réseaux sociaux, "Subliminal" prend la suite et interroge : comment l'image peut-elle être déformée par les médias, et influencer voire manipuler le groupe ? "Nous utilisons l'imagerie sonore : des samples de sons, des jingles, des pubs, que le spectateur va relier à des images."

Teaser du spectacle "Sublime" (2015), prélude de "Subliminal"

Ce mélange artistique est un atout aux yeux des danseurs comme Sylvain Robine : "On ne cherche plus à se cantonner à l'une ou l'autre des disciplines. Tous les moyens sont bons pour s'exprimer". De même pour Noémie Ettlin : "On défend le thème de la pièce, l'influence de l'image, en utilisant les outils qui peuvent le mieux correspondre à chaque scène". Pour eux, le spectacle est écrit de manière à libérer l'interprétation.

"Les spectateurs vont voir des choses différentes selon les soirs, l'énergie peut changer. C'est aussi ça le spectacle vivant"

Une image manipulatrice ?

Un processus de création au service du propos de la pièce. Pour Thomas Guerry, l'image peut mentir. "Avant, il y avait la preuve par l'image, maintenant c'est tout le contraire. Les images peuvent être truquées. Quelle est notre place dans tout ça ?" Pour lui, sur la place publique. D'où un gros travail autour de la notion de groupe. Le tableau final, empreint d'espoir, montre un mouvement de masse où les danseurs se relèvent et semblent reprendre le pouvoir. Un contraste par rapport au début de l’œuvre sous le joug d'un politicien manipulateur. "Au début, le mouvement est une contrainte, les corps sont désincarnés. À la fin, ils sont acteurs. Se retrouver en groupe et s'entraider permet de reprendre ses responsabilités."

Reportage : Damien Borelly, Yves-Marie Glo, Jean-Pierre Ardito & Azedine Kébabti
Pour étoffer ces scènes de groupe, la compagnie a choisi de faire appel à des danseurs amateurs, différents dans chaque ville de la tournée. Une première : "On travaille six heures avec eux, puis on effectue une répétition générale. C'est une belle expérience, ils participent vraiment à l'émotion que peut recevoir le spectateur".

"Subliminal" est une création hybride qui surprend. La fin peut sembler utopiste, mais comme le souligne le chorégraphe : "Nous sommes ici pour soulever des questions. Et il faut de l'utopie, surtout dans le spectacle vivant".

"Subliminal" de la Compagnie Arcosm

Création 2016
Interprètes : Anne-Cécile Chane-Tune, Thomas Demay, Noémie Ettlin, Thomas Guerry, Quelen Lamouroux, Sylvain Robine
Création lumière Bruno Sourbier  / Création Son Olivier Pfeiffer / Scénographie et costumes Samuel Poncet / Assistante Costumes Julia Lascoumes Textes Cédric Marchal / Régisseur son Olivier Pfeiffer / Régisseur lumière Bruno Sourbier / Graphisme et photo : Nicolas Sénégas

Prochaine date le 11 janvier à Cavaillon, puis en tournée le 16 mars à Aurillac (15) et les 14 et 27 avril à Privas (07) et à Décines (69).