Archipel Gallotta, le chorégraphe grenoblois revisite son oeuvre à Lyon

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/02/2013 à 11H24
Jean-Claude Gallotta

Jean-Claude Gallotta

© PHOTOPQR/LE DAUPHINE LIBERE/Lisa Marcelja

La Maison de la Danse de Lyon vient de refermer son boom consacré aux grands chorégraphes des années 80 avec "Archipel Gallotta", trois spectacles qui balaient la carrière du chorégraphe surdoué grenoblois. Dimanche 3 février 2013, l’opération se terminait avec "Racheter la mort des gestes", des chroniques chorégraphiques prenantes et émouvantes.

Jean-Claude Gallotta est un homme fidèle. A 63 ans, quand il se retourne sur sa carrière de chorégraphe, il voit des visages, il entend des voix. Ceux des "gens" avec qui il a travaillé, dans les paysages qu'il a habité de sa création. Et tous, les vivants comme les disparus, les vrais et les imaginaires, d'Hervé Guibert à Yves P. en passant par Alain Bashung ou Serge Gainsbourg, écrivains, danseurs ou cinéastes, participent de la même chanson, celle de Jean-Claude Gallotta, sexagénaire au regard d'enfant et à l'imagination toujours en devenir.
Trois oeuvres
Pour son "Boom des années 80", Dominique Hervieu, la patronne de la Maison de la Danse de Lyon, l'avait convié à donner trois spectacles. Trois oeuvres qui ont compté. "Le sacre du printemps", "Daphnis é Chloé" et enfin "Racheter la mort des gestes". Une fois encore Jean-Claude Gallotta a regardé vers le passé. Non pas pour dire que c'était mieux avant, bien davantage pour retourner dans les lieux de la mémoire comme on choisirait de remettre les pieds dans ses propres pas, sur des terres que l'on a aimées. Une sorte de conception géographique du temps. On sent bien une espèce de nostalgie, comme si l'on explorait déjà le souvenir du spectacle que l'on est en train de regarder.
Jean-Claude Gallotta : "Daphnis é Chloé"

Le Monde selon Gallotta

Le Monde selon Gallotta ne constitue pas un univers de corps parfaits, de clones rêvés de Nijinsky. Tout comme le chorégraphe grenoblois a contribué à inclure la voix dans les spectacles de danse (au grand dam des tenants de l'orthodoxie de l'époque), il a aboli les exigences physiques. Sur la scène, il y a bien sûr des éphèbes et des femmes au corps de rêve... Mais ils ne sont pas les seuls, loin de là. Jean-Claude Gallotta aime travailler avec des « humains » et les humains sont rarement parfaits.

Alors depuis toujours, Jean-Claude Gallotta convie des humains sur ses scènes. Des tout jeunes et des bien vieux, des grands, des maigres, des gros ou des petits, des jolis et des moins jolis, des valides et des personnes en fauteuil... Des danseurs professionnels ou des danseurs d'un spectacle.

Et le spectateur, venu lui aussi avec ses atouts et ses disgrâces, se reconnaît. Il n'est plus invité, passivement, à regarder, à écouter ce qui se passe devant lui. Il est représenté sur les planches.
 

Jean-Claude Gallotta "Le sacre du printemps"

Un bal contemporain

Le 3 février dernier, Jean-Claude Gallotta est même allé plus loin : il a invité son public, celui venu voir la dernière représentation lyonnaise d' «Archipel Gallotta », à participer à ce qu'il a appelé un «Bal Contemporain ». Il s'agissait en fait de se prêter à une chorégraphie réglée, dictée, chantée par le chorégraphe. Tout cela se passait dans le hall de la Maison de la Danse de Lyon et chacun y a pris un grand plaisir. Jean-Claude Gallotta visiblement très heureux de voir ainsi environ 200 spectateurs vaincre leur timidité et se lancer dans la petite aventure, les danseurs de la troupe qui aidaient les néophytes à comprendre les gestes qu'on leur demandait, et les spectateurs eux-mêmes, pour une fois acteurs de leur spectacle.

Certains ont pu repartir en fin d'après-midi en se disant secrétement : « Moi, avec mon physique et mon manque de souplesse, moi, j'ai dansé pour Gallotta! »