A Aix-en-Provence, Barbe Bleue est une femme cruelle et fascinante

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 12/11/2015 à 16H14
Barbe Bleue, femme sensuelle et redoutable

Barbe Bleue, femme sensuelle et redoutable

© Agnès Mellon / Culturebox

Le chorégraphe Michel Kelemenis a décidé d'inverser les rôles: Barbe-Bleue est devenue une femme. Elle a tué six maris. Le septième ne vaudra guère mieux s'il pousse la porte de la chambre interdite. Au Grand Théâtre de Provence à Aix-en-Provence les 13 et 14 novembre 2015.

Reportage : J. Boudart, L. Moreau et M. Morand

A l'origine, La Barbe Bleue plus simplement connue comme "Barbe bleue" est un homme immensément riche dont la barbe est bleue. Ce qui le rend effrayant. On sait de lui qu'il a eu six épouses dont personne ne sait ce qu'elles sont devenues. Une voisine, séduite par sa richesse, veut bien être la septième. A une seule condition, précise-t-il, elle ne devra en aucun cas ouvrir la porte d'une chambre secrète. Ce qu'elle s'empressera évidemment de faire dans les plus brefs délais. La jeune épouse découvrira alors le cadavre des six femmes qui l'ont précédée.

Barbe bleue, découvrant la trahison de sa femme, décide de l'égorger. Mais celle-ci arrive à convaincre son mari de différer son funeste projet, le temps pour elle d'avertir ses frères. Lesquels mettent bien du temps à arriver pour la sauver.

Pour voir ce qu'ils font, elle demande à sa sœur de monter sur le donjon du château familial. C'est la fameuse scène de la tour: "Anne, ma soeur Anne, ne vois tu-rien venir?"…
Finalement les frères arriveront à temps pour trucider le trucideur d'épouses. La belle épousera ensuite un brave et honnête homme (il en existe). Et tout sera bien qui finira bien car on est dans un conte.
Barbe bleue au féminin, une sorte de mante religieuse malgré tout séduisante

Barbe bleue au féminin, une sorte de mante religieuse malgré tout séduisante

© France 3

Une symbolique inversée

En inversant les rôles définis par Charles Perrault dans son célèbre conte, le chorégraphe Michel Kelemenis en transforme toute la symbolique. D'horrible qu'il est avec sa barbe bleue, le mari devenu épouse dans ce ballet, devient une jeune femme séduisante dont on ne doit à priori rien redouter. Mais, objet de désir en même temps que maîtresse cruelle, cette Barbe bleue se joue des hommes qu'elle séduit. Inquiétante tout de même car on lui suppose un très lourd passé. "C'est dans cette ambiance, entre vouloir et refuser que j'ai beaucoup travaillé, explique Michel Kelemenis. Ma barbe bleue est une femme absolument sublime et désirable mais elle crée de la peur chez ses différents partenaires". 
"Passer constamment du vouloir au refuser",du bleu au rouge (Michel Kelemenis)

"Passer constamment du vouloir au refuser",du bleu au rouge (Michel Kelemenis)

© France 3

Pour ce ballet, Claire Indaburu est Barbe Bleue. Une Barbe Bleue, séduisante, fragile même, ce qui ne la rend que plus attirante et donc plus dangereuse. Vêtue de bleu, elle se couvrira de rouge, celui de la passion, de la vengeance quand elle découvrira la trahison de son époux.

Elle est entourée de sept danseurs. "Ces sept danseurs m'aident beaucoup dans mon rôle", commente Claire Indaburu. "Ils m'aident physiquement à tenir le coup".

La partie musicale est assurée par l'électroacousticien Christian Zanési et le compositeur Philippe Hersant.

La Barbe Bleue au Grand Théâtre de Provence (Aix-en-Provence)
Vendredi 13 et samedi 17 novembre

Chorégraphie Michel Keleminis
Avec Claire Indaburu (Barbe Bleue)
Julien Andujar, Luc Bénard, Benjamin Dur, Paul Girard, Benjamin Gouin, Felix Heaulme, Laurent Le Gall (Les hommes)
Bande musicale enregistrée par le Quatuor Tana