Folle Journée de Nantes : 3 questions à Anne Queffélec

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 02/02/2013 à 09H50
Anne Queffélec à La Folle Journée de Nantes (2009)

Anne Queffélec à La Folle Journée de Nantes (2009)

© Franck Perry

C'est l'une de nos pianistes les plus discrètes mais désormais les plus aimées (ses concerts de Nantes, et elle ne s’y économise pas, ont été parmi les plus demandés). Elle joue (aussi) bien Mozart, Beethoven, Chopin, Schubert, Debussy, Ravel. Et elle explique ce qu’elle joue, avec les mots, le sourire, les anecdotes. Rencontre entre un blogueur et une pianiste au milieu du brouhaha nantais.

Ce programme Debussy-Ravel merveilleux, avec des œuvres rares ( voir mon blog de jeudi ), c’est vous qui l’avez imaginé ?
Anne Quéffelec : Oui. Je suis partie à la pêche. On commence, on découvre des bijoux, des trésors. J’ai même dû aller chercher des partitions sur Internet car on ne les trouve plus. Après, on essaie de construire quelque chose avec des lumières différentes, des clairs-obscurs… 

Vous êtes une des très rares artistes à expliquer à votre public ce que vous allez jouer, à raconter les musiciens, les émotions, parfois les œuvres.
Surtout avant d’ « envoyer » un tel parcours… ainsi, devant les œuvres, il n’y aura plus rien à tenter de comprendre mais tout à ressentir. J’essaie d’ouvrir aux auditeurs la porte d’un univers qui nous est commun : il n’y a pas moi d’un côté et eux de l’autre. Et je sais qu’il y aura alors un bon retour, une meilleure écoute, qu’ils seront plus avec moi. C’est aussi vrai pour les enfants. Les enfants, ce sont des graines qui vont germer. Tout à l’heure, au « Concerto » de Ravel, il y en a un qui a eu un fou-rire. J’aime cela, ce n’est pas déstabilisant. Cet enfant était heureux…

Aux « Folles journées » vous jouez deux ou trois programmes solo différents, des concertos, de la musique de chambre… On ne risque pas de s’épuiser ?
C’est vrai qu’avant de partir, il y a dix jours, devant la masse des partitions, j’ai un peu paniqué. Comment conserver toujours, justement, la bonne énergie ? Mais une fois qu’on est ici (et d’abord grâce au public) on est jeté dans le bain, alors on nage, on est immergé… et l’eau est bonne (c’est la Bretonne qui parle)

(Je lui rappelle un enregistrement d’elle, il y a au moins trente ans, des concertos de Ravel et de la Fantaisie de Debussy, un des plus beaux de ces œuvres et que je conserve précieusement. « C’est vrai que je l’aimais bien », répond-elle avec un petit rire)
Anne Queffélec à La Folle Journée 2013

Anne Queffélec à La Folle Journée 2013

© DR