Folle Journée de Nantes : 12 rendez-vous incontournables

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 27/01/2014 à 15H43
Divertimento joue les oeuvres de Barber, et Rhapsody in blue de Gershwin

Divertimento joue les oeuvres de Barber, et Rhapsody in blue de Gershwin

© DR

Cette année pour les 20 ans de la Folle Journée, le concepteur René Martin met les Etats-Unis à l'honneur. Avec les compositeurs américains bien entendu mais aussi ceux pour qui les USA ont été une terre d'accueil. Dans ce programme foisonnant, Bertrand Renard nous détaille les 12 rendez-vous incontournables.

George Gershwin : Rhapsody in blue. Le plus célèbre compositeur américain et son œuvre emblématique, mélange idéal du jazz et du classique ou plutôt du classique sous influence jazz. 1924, l’Amérique insouciante, New-York: une merveille. Mais je préfèrerais presque son concerto (1925), où l’esprit jazz inscrit dans une forme classique aboutit à une œuvre encore plus savante… et de toute beauté.

29 janvier à 15h30 (par Boris Berezovsky) et 18h45 (par Shani Diluka). 30 janvier à 21h45, 31 janvier à 17h (par David Kadouch) et 20h15 (par Boris Berezovsky). 1er février à 20h30 et 22h15
Pour le concerto : le 30 janvier à 20h15 par Frank Braley  
Boris Berezovsky

Boris Berezovsky

© Carole Bellaiche
Antonin Dvorak : Symphonie du Nouveau Monde. Pour la fameuse mélodie au cor anglais qu’on suppose être un chant indien et parce que, historiquement, Dvorak, en venant à New-York, marquait la reconnaissance du génie américain par la vieille Europe. Et puis parce que de toute façon c’est un chef-d’œuvre. Comme son quatuor à cordes n°12, justement appelé « Américain ».

29 janvier à 20h15, 1er février à 9h15 et 14h15

Olivier Messiaen : Des Canyons aux étoiles, oeuvre cosmique, qui donne son nom à ces « Folles Journées ». Messiaen fit un séjour dans les canyons du Colorado pour s’imprégner de la beauté primitive de ce pays-continent. Piano, percussions, un énorme orchestre… et l’évocation des chants d’oiseaux si chers au compositeur.

31 janvier à 21h30, 1er février à 22h15.

Bela Bartok : 3e concerto pour piano. Bouleversante dernière œuvre de l’exilé Bartok qui voulait offrir ce concerto à sa femme pour qu’elle puisse survivre en le jouant après qu’il eut disparu. Les 17 dernières mesures (sur 1200) seront achevées par l’ami de Bartok Tibor Serly. C’est aussi, pour ceux que Bartok intimide encore, une de ses œuvres les plus accessibles et les plus poétiques.

1er février à 15h45 et 2 février à 16h15 par Anne Queffelec

Erich Wolfgang Korngold : Concerto pour violon.  Au milieu de ses activités de compositeur de musique de films, Korngold revient à une forme classique (une commande du violoniste Bronislaw Huberman) mais en réutilisant ses thèmes de cinéma! Ce concerto, créé par l’immense Jascha Heifetz, est joué désormais par les plus grands, de Gil Shaham à Renaud Capuçon.

31 janvier à 21h45 et 1er février à 19h par Nikola Benedetti

Leonard Bernstein : West Side Story. Le film merveilleux de Wise et Robbins, le furieux talent du chef d’orchestre Bernstein, ont fini par nous cacher ceci: la musique de « West Side Story » est géniale de bout en bout. Swing imparable, rythmes complexes, moments de lyrisme fou (« Mariaaaa »!), écriture parfois diabolique (des montées en demi-ton qui demandent d’excellents chanteurs) au service d’un chef-d’œuvre… qui vous donnera envie d’aller écouter d’autres partitions de Bernstein (la «Sérénade» sur «Le Banquet» de Platon).

29 janvier à 16h45. 31 janvier à 10h45, 14h et 20h15
1er février à 12h30 et 13h30
2 février à 11h15
Et dans sa version pour deux pianos : 30 janvier à 15h, 31 janvier à 9h15, 10h 45, 12h15 et 2 février à 9h


Aaron Copland : Rodéo ; Appalachian spring. Chansons inspirées du répertoire des cow-boys pour l’un, airs populaires puisés en Pennsylvanie pour décrire un printemps dans les monts Appalaches, deux ballets de 1942 et 1944 d’un très grand compositeur dont on ne connaît sans doute pas assez en Europe l’œuvre multiple. Cela tombe bien, ces deux partitions-là sont parmi ses plus accessibles.

29 janvier à 17h15. 31 janvier 11h15 et 12h30; 1er février à 15h. 2 février à 18h15 et 20h15

John Adams : Chairman dances. Le plus accessible des compositeurs répétitifs (et de mon point de vue le plus intéressant) car n’oubliant jamais la séduction sonore. Ses œuvres sont comme des paysages scintillants qui se transforment par de subtils changements de rythme, de couleur orchestrale, de tonalité. Il est plus connu encore par ses opéras, « Nixon in China », « El Nino », « The death of Klinghofer » (tous vus en France, souvent dans des mises en scène de Peter Sellars)

30 janvier à 20h15. 31 janvier à 15h15. 1er février à 20h30

Samuel Barber : Adagio. Un classique, composé par un jeune homme de 27 ans. Pas très représentatif de la musique de Barber mais il fait toujours son effet par son lyrisme grave au point qu’on le joue désormais aux Etats-Unis lors de toutes les funérailles officielles.

30 janvier à 19h. 31 janvier à 13h. 1er février à 11h, 15h, 15h45. 2 février à 14h30, 16h15, 16h30

George Antheil : Ballet mécanique. Attention, œuvre rare. Elle appartient à l’histoire de l’art car elle accompagnait un film de Fernand léger et Man Ray projetés derrière des saynètes abstraites où évoluaient acteurs et danseurs! Scandale en son temps, guère jouée depuis, elle sera donnée avec le concours de Bertrand Chamayou et Jean-Frédéric Neuburger, excusez du peu. En complément, «Ionisation » d’Edgar VARESE, ce Franco-Américain adoré de Pierre Boulez. « Ionisation » : 6 minutes, 13 percussionnistes jouant 37 instruments dont 2 sirènes et un piano. Un bijou… bruyant.

31 janvier à 16h15. 1er février à 11h15
Jean-Frédéric Neuburger

Jean-Frédéric Neuburger

John Cage : Œuvres pour piano préparé ou pour piano seul. Certains crient au génie, d’autres au  «foutage de gueule ». On est dans une vraie radicalité mais avec pas mal d’humour (Cage en avait à revendre). Divers objets insérés entre les cordes du piano pour en modifier le son… jusqu’au désaccordé. Si vous êtes allergique, il y a des « Ragtimes » de Scott JOPLIN (souvenez-vous : la musique de « L’Arnaque »…).

1er février à 14h (par Florent Boffard) et 14h30. 2 février à 10h45 et 14h15
Les Ragtimes : 30 janvier à 17h30, 1er février à 9h30


Et donc (cela va faire douze) mon coup de cœur (le concert où vous me trouverez forcément) : le 4e concerto pour piano « Incantation » du Tchèque Bohuslav Martinu (30 janvier à 19h par Claire Désert)  Une merveille… rhapsodique qui réunit le meilleur de Ravel, Bartok et Prokofiev (la liberté, la virtuosité, le chant éperdu, la violence, le percussif, les couleurs bleu nuit) tout en étant furieusement (on l’identifie en deux mesures) du Martinu. Je vous dis ça parce que j’écoute ce concerto depuis que j’ai 16 ans (ce qui fait… oh! là! là !)
Bons concerts (tous les autres œuvres seront forcément passionnantes AUSSI).


Petit historique sur la musique américaine à lire avant les concerts

Horaires et programme de La Folle Journéé 2014