"La Bayadère" à Bastille : un concentré de l'art de Rudolf Noureev

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 13/11/2015 à 13H25
Rudolf Noureev, 1968

Rudolf Noureev, 1968

© PARIS-JOUR / SIPA

C’est le dernier ballet chorégraphié par Rudolf Noureev avant sa disparition. "La Bayadère" s'installe sur la scène de l’Opéra Bastille à partir du 17 novembre et jusqu’à la fin de l’année. L’occasion de revenir sur le parcours de ce génie de la danse classique.

« Aussi longtemps que mes ballets seront dansés, je vivrai », disait Rudolf Noureev. Et effectivement, 22 ans après  sa disparition, le danseur étoile d’origine russe est encore bien vivant pour le public et les professionnels de la danse classique. Personne n’a oublié sa puissance, son élégance sur scène. Mais comment expliquer un tel génie ? Réponses avec deux danseurs étoiles de l’Opéra de Paris.

Reportage : C.Airaud, M.Dreujou

Un félin aux pieds magiques

"Noureev avait un travail de pieds inégalables", explique Mathias Heymann, danseur étoile à l’Opéra de Paris. "Quand on réceptionne en saut, il faut que les orteils résistent d’abord, après c’est l’avant du pied, puis le talon qui vient se mettre au sol". Sur scène, Rudolf Noureev jaillit, comme monté sur ressort.

Un regard qui révolutionne la danse classique  

Danseur flamboyant, il vole la vedette aux ballerines. Une première dans l’histoire de la danse classique. Son regard captive le spectateur. "Le sens, il le cherchait, et par le geste, et par l’expression, et beaucoup par les yeux", explique Florence Clerc, danseuse étoile qui a travaillé aux cotés du danseur.

Grâce à Rudolf Noureev, le danseur masculin prend toute son importance. En tant que chorégraphe, il revisitera tous les grands ballets classiques en donnant une place très importante aux hommes.

Aussi adulé qu’une rock star

Rudolf Noureev est né le 17 mars 1938 à bord du transsibérien dans la région du lac Baïkal. À seulement 6 ans, subjugué par un spectacle de ballet patriotique, il décide de devenir danseur. Contre l'avis de son père, il prend des cours de danse folklorique et intègre à 17 ans l'école de danse de Leningrad. Engagé au célèbre Kirov, il se taille la réputation d’un prodige de la danse.
Rudolf Noureev séduit son public. 

Rudolf Noureev séduit son public. 

© Capture d'image Culturebox
En 1961, lors d’une tournée, il demande l’asile politique en France. Cette période marque le début d’une longue carrière internationale. Rudolf Noureev est aussi adulé qu’une rock star.

Il dansera plusieurs années au Royal Ballet de Londres avant de devenir, dans les années 80,  le directeur du Ballet de l’Opéra de Paris. Un poste qu’il occupera jusqu’en 1989. Atteint par le VIH, il s’éteint le 6 janvier 1993 dans une clinique de Levallois-Perret. Il est enterré dans le cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l’Essonne.   

L’Opéra de Paris, "sa " maison, ne l’oublie pas

Les années de Rudolf Noureev à l’Opéra de Paris sont considérées comme un âge d’or pour le ballet. Alors, 22 ans après sa mort, le danseur étoile a toujours sa place sur la scène de l’Opéra Bastille. Ses chorégraphies sont régulièrement reprises. "Don Quichotte" en 2012, "La Belle au bois dormant" en 2013, "Casse-Noisette" en 2014 : pas une saison ne passe sans que le corps de ballet ne brille dans un spectacle revisité par Noureev.

Dans quelques jours, le 17 novembre prochain, la mémoire du danseur étoile sera à nouveau honorée avec la première représentation de "La Bayadère". La dernière chorégraphie de Rudolf Noureev avant son décès.    


La Bayadère de Rudolf Noureev à l'Opéra Bastille
Du 17 novembre au 31 décembre 2015
Place de la Bastille, 75012 Paris
0 892 89 90 90