Décès de la grande ballerine russe Maïa Plissetskaïa

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/05/2015 à 10H12
La grande ballerine russe Maïa Plissetskaïa en février 2006, à l'Espace Cardin à Paris

La grande ballerine russe Maïa Plissetskaïa en février 2006, à l'Espace Cardin à Paris

© JEAN AYISSI / AFP

La grande danseuse classique Maïa Plissetskaïa est décédée à 89 ans, a annoncé samedi le directeur du théâtre du Bolchoï Vladimir Ourine. "Elle est morte d'une crise cardiaque. Les docteurs ont tout essayé, mais ils n'ont rien pu faire", a annoncé M. Ourine cité par l'agence de presse russe TASS.

Son décès est survenu en Allemagne, a-t-il précisé, ajoutant avoir été informé par le mari de la ballerine, le compositeur russe Rodion Chtchedrine.

"Il y a quelques semaines, nous nous étions revus (...), elle était en pleine santé, elle faisait des blagues mais voilà, c'est arrivé, le coeur de la plus grande des ballerines s'est arrêté", a confié le directeur à l'agence RIA Novosti.

"Ce n'était pas que la Russie, mais le monde entier qui le savait: Maïa Plissetskaïa était le symbole du ballet russe du XXe siècle", a-t-il conclu.

Le président russe Vladimir Poutine a exprimé ses condoléances aux proches de la danseuse dans un communiqué publié par son service de presse. "C'était une grande pionnière de l'école russe chorégraphique. Elle restait ancrée dans la tradition russe tout en cherchant à y intégrer de nouveaux horizons", a salué l'ancien ministre russe de la Culture, Mikhaïl Chvydkoï.

Maïa Plissetskaïa danse Le lac des cygnes (extrait)

 

"Prima ballerina assoluta"

Née le 20 novembre 1925 à Moscou, Maïa Plissetskaïa était l'une des deux seules ballerines de l'Union soviétique à avoir été consacrée du titre de "Prima ballerina assoluta".

Son père, ingénieur, avait été fusillé en 1938 sous Staline, et sa mère, actrice de cinéma, avait été envoyée dans un camp au Kazakhstan comme "membre de la famille d'un traître à la patrie".

La petite Maïa avait été recueillie par son oncle et sa tante. Elle est entrée au Bolchoï en 1943, où elle s'est immédiatemment imposée comme l'une des meilleures danseuses de sa génération.

Brillante dans les grands classiques du répertoire du Bolchoï, elle s'est également distinguée pour avoir défié le régime soviétique, qui qualifia de scandaleuse son interprétation de certains ballets.

Elle dansera pendant presque 50 ans au Bolchoï, dépassant de loin l'âge de la retraite habituellement observé par les ballerines russes. En 2005, à 80 ans, elle avait interprété au Kremlin "Ave Maïa" que lui avait dédié Maurice Béjart.

 

L'hommage de la France

La ministre de la Culture Fleur Pellerin a rendu hommage mardi à la danseuse, familière de la France, où "elle aimait à dire qu'elle avait connu son premier grand succès sur une scène internationale", selon le communiqué de la ministre.

Fleur Pellerin salue "une diva de la danse (qui) a consacré sa vie entière au ballet", dans un communiqué publié dans la nuit. Elle rappelle les collaborations de la prima ballerina du Bolchoï, avec l'Opéra de Paris, le Ballet du XXe siècle de Maurice Béjart, le Ballet de Nancy et la Biennale de la danse de Lyon.

Pierre Bergé, ancien président du conseil d'administration de l'Opéra de Paris (1988-1993) rend aussi hommage dans un tweet mardi à "une immense danseuse". L'ancien compagnon du couturier Yves Saint Laurent se dit "très triste de la mort de Maïa Plissetskaïa" qu'il précise avoir "revue il y a peu avec son mari Chtchedrine à un concert de Renaud Capuçon".