5 bonnes raisons d'aller voir "Le Songe d'une nuit d'été" de Balanchine à Bastille

Par @sophiejouve1 Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse
Mis à jour le 29/03/2017 à 18H15, publié le 23/03/2017 à 19H47
"Le Songe d'une nuit d'été" de Balanchine

"Le Songe d'une nuit d'été" de Balanchine

© Agathe Poupeney/Opéra national de Paris

Même le plus ronchon, le plus snob des spectateurs de l’opéra ressort ragaillardi et enchanté par cette version dansée du "Songe d’une nuit d’été" de Shakespeare, une version que l’on doit à George Balanchine, le créateur du New York City Ballet. On vous dit pourquoi ! "Un Songe" que vous pouvez savourer aussi, en replay, sur Culturebox !


1. Un ballet qui raconte une histoire
D’abord ce "Songe" est une sorte d’exception dans la longue carrière de Balanchine qui a offert essentiellement des ballets abstraits au classicisme pur. Ici son ballet est construit sur une vraie intrigue, celle de Shakespeare : elle raconte d’une manière joyeuse les désordres de l’amour et la confusion des sentiments au travers d’Obéron et Titania, roi et reine des fées, mais aussi des jeunes couples qui les entourent, manipulés par le facétieux Puck et ses tours de magie.

2. Un ballet pour toute la famille 
C’est une de ces soirées, comme celle de "Casse-Noisette", où l’on peut voir l’ensemble du corps de ballet sur scène, du plus petit rat à la plus rayonnante des étoiles, où chacun est mis en valeur. Un ballet pour toute la famille : Balanchine resserre l’intrigue compliquée de Shakespeare, de sorte que les enfants peuvent la comprendre. Il fait la part belle aux personnages féminins, supprime la partie qui concerne les artisans. Le divertissement l’emporte sur les prouesses techniques, assez peu nombreuses, ce qui en décevra certains mais pas les plus jeunes. Une heure et quarante minutes de spectacle qui filent à vive allure. Pas de deux, pas de trois, nombreuses danses du corps de ballet, enfants transformés en délicieux bestiaire… Bref, du Shakespeare à la sauce Disney !  

3. Christian Lacroix signe les décors et les costumes
Et puis il y a la magie des costumes et des décors de Christian Lacroix qui, bien que sous tutelle du Balanchine Trust, semble s’être littéralement éclaté. On est émerveillé par cet onirisme, cette opulence. Il faut voir ces délicieux costumes d’enfants : libellule, papillon araignée ou chauve-souris, les robes, les diadèmes de perles et de rubis. Et cette forêt qu’il baigne d’une ambiance surnaturelle, tantôt menaçante, tantôt enchantée… 

4. Une distribution de rêve
La distribution, elle, mélange habilement les générations. La brochette de petit rats est à croquer, Eleonora Abbagnato est une souveraine Titania, Paul Marque un séduisant Obéron, Hugo Vigliotti un Puck enjoué, bondissant : voilà un coryphée dont on va retenir le nom grâce à ce rôle. Une autre parmi les étoiles, Alice Renavand magnifique amazone Hippolyte, chassant fièrement au milieu de ses chiens lancés dans une course folle. Les chiens, des lévriers de chasse à courre, qui sont incarnés par des danseurs, donnent l’impression de voler dans une parodie désopilante de scène de meute.

5. Mendelssohn à l'honneur
Cette fois à l'attention des mélomanes : on entend toute la ravissante musique que Félix Mendelssohn a composée pour Shakespeare y compris une certaine marche nuptiale que le compositeur avait voulue parodique. Allez, encore une bonne raison d’aller voir ce songe ? L'envie de sourire béatement avec nos chères têtes blondes, devant le passage du désordre à l’harmonie conjugale, en sachant que ce sont les songes et la nuit qui nous ont libérés de nous-même. C'est dans nos rêves, que nous-mêmes, nous nous sommes montrés le plus vrai.