Création du chorégraphe Jérôme Bel, en première mondiale sur internet

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 23/03/2012 à 10H58
Chorégraphie "Shirtology", Jérôme Bel, en direct sur Youtube le 22 mars 2012

Chorégraphie "Shirtology", Jérôme Bel, en direct sur Youtube le 22 mars 2012

© Tate Gallery

Le chorégraphe français Jérôme Bel a inauguré jeudi un programme expérimental de la Tate Modern de Londres, avec une performance spécialement conçue pour être diffusée sur You Tube en temps réel.

Jérôme Bel a conçu une chorégraphie de 20 minutes, dansée par Frédéric Seguette et retransmise en temps réel jeudi à 20H00 GMT depuis une une salle totalement vide du musée d'art moderne.

La pièce intitulée "Shirtology" met en scène le danseur et une collection de T Shirts portant des messages en anglais, comme autant de témoignages d'un monde globalisé.

(Pour voir la performance, aller directement à 00:30 min de la vidéo)

"C'est une première mondiale, ça n'a jamais été fait", explique le  chorégraphe. "Certes, sur internet, il y a plein de gens qui se filment en train de danser dans leur cuisine ou leur salon", reconnaît-il. Mais l'art s'est à ce jour peu investi sur la toile, remarque-t-il.

"Est-ce que l'art peut faire quelque chose de plus ambitieux, est-ce qu'on  peut communiquer sur l'internet de l'art, de l'émotion, à travers un médium quelque peu délaissé par les créateurs ? ", interroge le chorégraphe.

Jérôme Bel est le premier à s'essayer à l'exercice. Il sera suivi le 26 avril par l'argentin Pablo Bronstein.

La performance doit être suivie d'une séquence de questions-réponses, également en direct sur la toile, via Facebook et Twitter.

"Ce qui m'intéresse, c'est de me confronter à un médium extrêmement  puissant à mon époque", souligne le chorégraphe, qui rappelle que "le théâtre est une pratique archaïque, qui n'a quasiment pas bougé depuis 2500 ans".

Pour Jérôme Bel, le défi est d'atteindre une audience volatile, "qui peut  s'en aller d'un clic, alors qu'au théâtre, le spectateur est venu avec un désir de rester".

Les réseaux sociaux permettent une interaction nouvelle, après la performance: "grâce à l'internet, un jeune homme de Kuala Lumpur pourra dire "j'ai pas compris, ou j'ai aimé", s'amuse-t-il.

Ces "cartes blanches" à un artiste ont vocation à construire une sorte de collection, visible par la suite sur une page dédiée du site "Tate Online".