Brigitte Lefèvre : "Millepied n'avait aucune expérience d'une grande compagnie"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 04/02/2016 à 13H37
Brigitte Lefèvre, ancienne directrice de la danse de l'Opéra de Paris (2014)

Brigitte Lefèvre, ancienne directrice de la danse de l'Opéra de Paris (2014)

© Eric Feferberg/AFP

Le chorégraphe Benjamin Millepied, qui vient d'annoncer son départ deux heures avant la conférence de presse officielle "n'avait aucune expérience de la direction d'une grande compagnie", a estimé l'ancienne directrice de la Danse de l'Opéra de Paris Brigitte Lefèvre.

"Le bons sens aurait été de nommer un bon connaisseur du ballet", a déclaré à l'AFP celle qui a dirigé 20 ans la prestigieuse compagnie, et qui avait proposé pour lui succéder le maître de ballet et ancien Etoile Laurent Hilaire, un choix qui n'avait pas été suivi par le directeur de l'Opéra Stéphane Lissner.

"Diriger une grande institution ne s'invente pas", souligne Brigitte Lefèvre, sans mettre en doute le talent créatif de Benjamin Millepied, à qui elle avait confié plusieurs créations sous son mandat. 

Autres réactions 

"Benjamin n'avait pas mesuré que le poste implique 80% de tâches administratives et 20% seulement d'artistique", a confié à l'AFP un très bon connaisseur de l'Opéra. "Il a voulu réformer vite, parce qu'il fait tout très vite, et il n'a pas été soutenu par la direction de l'Opéra", ajoute-t-il.

"Il a mis toute son honnêteté dans son poste, mais il n'a pas mesuré le poids de certains mots. Lorsqu'il dit que le ballet ressemble à du papier peint, il veut dire qu'il faut des individualités dans le corps de ballet. Il veut dire aux danseurs: +soyez des artistes et pas seulement de super techniciens+". Les déclarations de Benjamin Millepied au Figaro évoquant "du papier peint", reprises ensuite dans un documentaire co-produit par l'Opéra et diffusé sur Canal+ ont beaucoup choqué.

"Etre danseur, c'est s'exprimer, pas tenter de ressembler à un motif sur du papier peint!", disait-il. "Oui, les danseurs de corps de ballet doivent présenter une certaine homogénéité, avoir conscience de l'autre dans l'espace, mais, avant tout, il faut qu'ils dansent! En ce moment, à Garnier, dans le programme contemporain Wheeldon/McGregor/Bausch, ils sont fantastiques, d'une liberté totale. Mais, dans le classique, ça n'est pas ça".