Bilan de la 15e Biennale de Lyon, le théâtre de la danse

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 30/09/2012 à 18H34
"Roméo et Juliette" par le collectif Rictus

"Roméo et Juliette" par le collectif Rictus

© Christian GANET

Resserrée sur trois semaines au lieu de quatre pour les précédentes, la Biennale de la danse de Lyon s’achève. Trois semaines de danse dans tous ses états. Un public toujours plus présent au fil des éditions, 86 000 spectateurs pour un taux de fréquentation des salles de 92% (contre 89% en 2010). Le public a donc fait confiance aux propositions de la nouvelle directrice artistique Dominique Hervieu.

Sur le plan artistique et scénique, la Biennale a donné une nouvelle fois l’occasion de faire le point sur l’état de la création chorégraphique du moment. Incontestablement le public a plébiscité les valeurs sûres qu’il a appris à apprécier au fil des nombreuses Biennales. Le chouchou local et fidèle Mourad Merzouki l’emporte une nouvelle fois auprès du public avec une proposition franco-taïwanaise, Yo Gee Ti, à l’esthétique plus contemporaine que hip hop, une nouvelle aventure qui mérite d’être encore explorée. Et pendant ce temps, la compagnie Sankaï Juku creuse toujours le même sillon d’un Butoh aux gestes adoucis.

 

"Umusuna" par la Cie Sankai Juku

"Umusuna" par la Cie Sankai Juku

© Michel CAVALCA

 

L’Afrique du Sud a éclairé les soirées d’un public en recherche d’énergies communicatives.  Robyn Orlin avec son théâtre d’intervention, un rien agitprop, nous donne un écho désordonné de sa recherche de la beauté des petits riens de la vie sud-africaine. De son côté Dada Masilo a fait lever les salles avec un Lac des cygnes faussement drôle mais drôlement efficace dans une version gay où le mariage…des danses néoclassique et africaine balaient les états d’âme souvent blasés de nos sociétés.

 

"Le lac des cygnes" du chorégraphe MASILO Dada

"Le lac des cygnes" du chorégraphe MASILO Dada

© John HOGG

 

Angelin Preljocaj a sans doute surpris son public habitué aux grandes histoires sur scène. Loin des contes de fées, c’est le récit d’un fait divers, le tabassage à mort d’un vagabond par des vigiles, qui a ébranlé sa danse. Théâtral. Tout comme « Nocturnes » de Maguy Marin. Le théâtre, grand présent et peut-être grand vainqueur de cette Biennale, à l’exemple de cette version revisitée et magnifiée de « Roméo et Juliette » de Shakespeare. David Bobee a confirmé avec son groupe Rictus son talent des accords parfaits. Les mots de la traduction de Pascal Collin, les corps des interprètes aux diverses origines, comédiens, danseurs, acrobates et musiciens font de ce théâtre un moment de grâce et de jeunesse.

 

"Ce que j'appelle oubli" du chorégraphe Angelin Preljocaj

"Ce que j'appelle oubli" du chorégraphe Angelin Preljocaj

© JC CARBONNE

 

Une Biennale s’achève, une autre est déjà annoncée. Sans thème mais avec une tête d’affiche, Benjamin Millepied, Monsieur Natalie Portman. La danse reprend ses droits.