Avec « La Curva », Israel Galvan fait trembler le flamenco : rencontre

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 13/01/2012 à 21H14
Israel Galvan dans "la Curva"

Israel Galvan dans "la Curva"

© DR

Les fervents admirateurs du danseur espagnol Israel Galvan ont découvert jeudi 12 janvier, son nouveau spectacle au Théâtre de la Ville (à voir jusqu'au 17 janvier). " La Curva " (la courbe, le virage) dessine une sorte d’autoportrait, la façon d’être et d’aborder la vie du danseur de flamenco. Galvan s’amuse à briser les codes, à débarrasser la danse millénaire de tout folklore, suscitant l’admiration ou le scandale.

Après « La Edad de oro » plébiscité par le public, le danseur continue à faire évoluer sa danse, à défricher de nouveaux territoires, créant un flamenco libre et contemporain.
Galvan est accompagné par la gitane Inès Bacan et par Sylvie Courvoisier qui dompte son piano, comme Galvan le flamenco. Rencontre :

Bruna Delgado : « La Curva »(la courbe, le virage) est-il une sorte d’autoportrait  ?

Israel Galvan : Oui d’une certaine manière, car je viens d’une famille qui dansait le flamenco (il est né à Séville où ses parents dirigent une école). J'ai cette danse dans la peau et quelque soient les détours et les virages de mes créations, je n'ai jamais oublié mes racines.

Comment avez-vous construit ce spectacle ?

Je rends hommage à deux grands danseurs, Antonio el Bailarin et Vicente Escudero (1887-1980), deux tempéraments très différents. Leurs personnalités très fortes m’inspirent ces chemins de traverses. J’aime mieux les courbes que les lignes droites
Je commence par danser dans le silence. Après je mets en contact différentes musiques. Dans ce spectacle ci, le chant gitan avec toutes les caractéristiques du flamenco traditionnel se mêle à une musique plus improvisée, venue d’un autre monde. Ces chocs de cultures m’inspirent.

Vous utilisez votre corps comme des percussions ?

Oui je ne veux pas seulement danser, je veux essayer aussi d’être un instrument, de participer avec mon corps à la musique du spectacle.

Est-ce que le flamenco peut absorber tous les styles de danse ?

Le Flamenco est très libre. Il n’y a pas de partition. Avec le temps différentes écoles sont apparues. Il ne faut pas s’accrocher à une seule esthétique mais il faut conserver l’essence du flamenco, même dans un simple geste du bras.

Dans tous vos spectacles la tauromachie est présente à travers la gestuelle ?

Comme le taureau tout ce que je danse reste imprégné dans mon corps, comme des prothèses, des bleus. Tout cela dessine mon corps de danseur.

Comment réagissez-vous quand on vous traite de révolutionnaire ?

La seule chose qui compte c’est de me lancer toujours de nouveaux défis et profiter du bonheur de danser. Je continue à découvrir mon corps, je suis en constante évolution. Avec le poids des années je me rends compte de l’essentiel : être libre quitte à faire des erreurs.

Vous présenterez un nouveau spectacle en décembre 2012 ?

Pour la première fois, je danserai en groupe. Je vais tenter de faire danser à d’autres ce que mon corps ne me permet pas !

"La Curva" au Théâtre de la Ville. Du 12 au 17 janvier.
Création 2010/Première en France
Tél : 01 42 74 22 77

Nîmes le 19 janvier