Isabelle Adjani présente "Carole Matthieu" à Angoulême

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/08/2016 à 15H07, publié le 26/08/2016 à 09H27
Isabelle Adjani au festival du film francophone d'Angoulême (25 août 2016)

Isabelle Adjani au festival du film francophone d'Angoulême (25 août 2016)

Evénement au Festival d'Angoulême, la star Isabelle Adjani, dont les apparitions sont rares, est venue présenter jeudi soir le thriller social "Carole Matthieu", où elle joue un médecin du travail dans une entreprise aux méthodes managériales implacables.

Très attendue, l'actrice de "Camille Claudel" et "La Reine Margot" est apparue devant les photographes vêtue d'une robe à fleurs et d'un chapeau de paille blanc, avant d'aller montrer "Carole Matthieu" au public d'Angoulême.
 
Ce film de Louis-Julien Petit ("Discount"), qui sera diffusé sur Arte et devrait ensuite sortir au cinéma, marque le retour de la comédienne deux ans après le film choral "Sous les jupes des filles" et sept ans après "La Journée  de la jupe". Diffusé lui aussi d'abord sur Arte, ce dernier film lui avait valu en 2010 son cinquième César de la meilleure actrice.

Un personnage de médecin écartelé entre son travail et sa conscience

Dans "Carole Matthieu", dont Isabelle Adjani est productrice associée et qui est une adaptation du roman "Les Visages écrasés" de Marin Ledun, elle campe un personnage de médecin écartelé entre son travail et sa conscience.
 
En désaccord avec le harcèlement moral et l'humiliation pratiqués dans sa société, elle tente en vain d'alerter sa hiérarchie des conséquences sur les employés.
 
Un jour, alors que l'un d'eux est prêt à se suicider, elle décide de prendre les choses en mains pour forcer les dirigeants à revoir leurs méthodes.

Le combat d'une femme

L'actrice aux cinq César contribue à porter le film dans ce rôle de femme déterminée, à la fois forte et fragile, perturbée et mystérieuse, qui s'identifie à ses patients après avoir été elle-même victime d'une agression de la part d'un salarié désespéré.
 
"C'est le combat d'une femme qui va aller jusqu'à se sacrifier pour le bien-être des salariés qu'elle défend", a-t-elle dit à l'AFP.
 
"C'est plus un thriller social qu'un témoignage social, mais ça va raconter l'état de l'entreprise et révéler les coulisses de cette manipulation qui va jusqu'à à la déshumanisation", a-t-elle ajouté.

Il ne faut pas oublier de vivre pour savoir jouer

Dans un entretien à l'AFP, Isabelle Adjani, se veut "exigeante pour les films et les rôles qu'il lui reste à faire exister".

Elle estime "qu'il ne faut pas oublier de vivre pour savoir jouer, pour offrir des interprétations nourries. Je mets du cinéma dans ma vie, mais ma vie ce n'est pas le cinéma. Sinon je ferais des films les uns après les autres", ajoute l'icône du cinéma français. Ceci dit, "j'ai toujours dit que ma vie ressemblait à du cinéma, et qu'à cause de ça je devrais peut-être faire plus de cinéma!", plaisante l'actrice aux célèbres yeux bleus.

Productrice associée de "Carole Matthieu", Isabelle Adjani dit "aimer vivre toute l'histoire (d'un film) du début à la fin". "J'ai toujours plus d'énergie quand je participe. Je préfère participer qu'obéir", lance-t-elle. "Nous, les acteurs, on sait ce qu'il nous faut, on sait où on excelle. Tout acteur (...), en mettant une option sur les droits d'un livre et en trouvant une production intéressée, un scénariste convaincu et un metteur en scène passionné, peut faire exister le meilleur rôle de sa vie."

Carole Matthieu, "on vit ce qu'elle traverse jusqu'au dédoublement de personnalité : elle se bat pour les autres, et en même temps elle est prise dans une spirale destructrice" car "elle est elle-même dans un mal être".

Ce film offre à l'actrice un rôle de femme passionnée, tourmentée et fragile, comme ceux qu'elle a souvent joués, de "L'Histoire d'Adèle H" de François Truffaut à "Camille Claudel" de Bruno Nuytten. "Ce n'est pas un objectif en soi dans ma vie de rechercher le tourment chez un personnage, mais en tout cas sa profondeur, sa force, ses luttes, ses faiblesses, toute la complexité", explique-t-elle.

"Bien sûr j'aime bien les personnages qui sont complexes, comme l'est la nature humaine, ce qui ne m'empêche pas d'apprécier les comédies romantiques super bien réussies."

Pour l'avenir, celle qui a été sacrée cinq fois meilleure actrice aux César - un record inégalé - dit avoir d'autres projets, mais préfère ne pas trop en parler. "Plus le temps passe et plus j'ai une exigence", dit-elle. Parmi eux, elle cite quand même l'histoire de la relation entre la peintre Suzanne Valadon et son fils Maurice Utrillo, "un projet qui existe" mais qui reste à concrétiser. "J'aimerais le faire avec Pierre Niney dans l'absolu", ajoute-t-elle. "Il y a un profil, un portrait d'Utrillo qui est juste lui", s'amuse-t-elle à propos de l'acteur d'"Yves Saint Laurent".