Festival de théâtre de rue d'Aurillac : une "30e édition bis" sous haute surveillance

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/08/2016 à 09H52
Les artistes de "Generik vapeur" et de "Magma Performing theatre" en 2011

Les artistes de "Generik vapeur" et de "Magma Performing theatre" en 2011

© THIERRY ZOCCOLAN / AFP

Concert de pièces de voitures, féerie de plumes ou réflexion philosophique : dès mercredi et jusqu'au 20 août, le festival international du théâtre de rue d'Aurillac va faire vibrer la ville avec cette année une vigilance accrue côté sécurité.

Un 30e anniversaire qui dure

Faire durer le plaisir. C'est un peu l'idée des organisateurs du festival international du théâtre de rue d'Aurillac qui ont en effet choisi de prolonger la fête du 30e anniversaire de la manifestation. Déjà célébrée en 2015, le festival n'avait pas pu rassembler toute la famille du spectacle vivant. "La 30e édition n'était pas exhaustive. Il y a plein de compagnies qu'on aurait aimé inviter mais qui n'avaient pas pu venir. On a donc décidé de suspendre le temps et de la continuer", explique le directeur du festival Jean-Marie Songy.

L'heure est donc au rattrapage. Plus de 100.000 spectateurs sont attendus dans la tranquille préfecture du Cantal qui accueillera une vingtaine de compagnies françaises et étrangères, présentant dix créations, lors de cette "30e édition bis". En marge de la programmation officielle, plus de 600 compagnies se produiront également dans les rues, squares et cours de la ville pour une fête éclectique et joyeuse.

Mobilier urbain et numérique au programme

Défrichant des nouvelles formes créatives du théâtre de rue, le festival mettra cette année en lumière de nouvelles pratiques artistiques. "Le spectacle de rue a évolué. Avant, on s'installait sur une place  publique; on utilisait des voitures. Aujourd'hui, on se sert du mobilier urbain, du numérique", ajoute le directeur.

Si le festival fait la part belle aux initiatives nouvelles, pas question pour autant de faire table rase du passé. Habituée du festival, la compagnie marseillaise Generik Vapeur sera de retour avec "La Deuche Joyeuse", "un opéra de parvis" mettant en scène un orchestre oublié sur un quai de gare qui meuble l'attente avec un concert tonitruant de pièces de carrosserie de 2CV. Après avoir dézingué le monde de la finance et du pouvoir, la Compagnie N°8  poursuivra de son côté avec "Garden Party" et "Cocktail Party" son observation critique de  la société en s'attaquant cette fois aux bourgeois et aux aristocrates s'adonnant au superflu quand le monde s'écroule autour d'eux.
 
Autre moment fort, le spectacle "Place des Anges": la compagnie Gratte Ciel fera voltiger dans le ciel de la cité cantalienne ses petits personnages  cabotins, sous un déluge féérique de plumes.

Allier sécurité et création

A l'instar des autres grands rassemblements populaires de l'été, le festival a dû s'adapter à la menace terroriste. L'association Éclat, les services de l'État et la ville ont redoublé d'efforts pour assurer la mise en  sécurité du centre-ville. Son accès sera strictement contrôlé et de nombreuses artères seront  réservées aux piétons, dont les sacs seront fouillés. Les rues seront barrées  avec des plots de béton, des chaînes et des barrières installées. Par ailleurs, bouteilles en verre, alcools, bagages et gros sacs seront  interdits. Une consigne gratuite sera mise à la disposition du public.
 
Un seul spectacle, "Place des Anges", le samedi 20 août, fera l'objet d'un  contrôle avec palpation à l'entrée. "C'est celui avec la plus grosse jauge de  spectateurs", explique-t-on du côté de l'organisation. Et de poursuivre : "On répond aux exigences de l'État tout en essayant de protéger la liberté de création de ce rendez-vous artistique".  
 
L'autre grand rendez-vous hexagonal des arts de la rue, le festival "Chalon dans la rue", avait été touché le mois dernier par la polémique sur la sécurité des grands rassemblements populaires déclenchée par l'attentat de Nice. Le maire LR de la ville Gilles Platret avait alors refusé d'accueillir la ministre de la Culture Audrey Azoulay, venue notamment s'enquérir du dispositif de sécurité mis en place pendant le festival.