Chaise-Dieu 2016 : Pascal Amoyel fait revivre l'esprit de Georges Cziffra, le créateur du festival

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 19/08/2016 à 17H23
Le pianiste Pascal Amoyel est un habitué du Festival de la Chaise-Dieu. Ici, en 2011 lors de la 45e édition.

Le pianiste Pascal Amoyel est un habitué du Festival de la Chaise-Dieu. Ici, en 2011 lors de la 45e édition.

© PHOTOPQR/LA MONTAGNE

Pour marquer ses 50 ans d'existence, le Festival de La Chaise-Dieu a ouvert cette édition 2016 avec un grand concert symphonique. Mais pas n’importe lequel. Le 18 août, le pianiste Pascal Amoyel et l’orchestre d’Île-de-France ont joué à l’identique celui donné en septembre 1966 par Georges Cziffra, le fondateur du festival. Parmi les quatre oeuvres au programme, la "Danse Macabre" de Liszt.

Pour bien saisir le caractère exceptionnel du grand concert symphonique qui a ouvert cette édition 2016 du fetsival de La Chaise-Dieu, il faut revenir cinquante ans en arrière. Le 26 septembre 1966, le pianiste franco-hongrois Georges Cziffra donnait un concert au bénéfice de la restauration des grandes orgues de l'abbatiale Saint-Robert.

A ses côtés, son fils György dirigeait l’Orchestre Colonne dans un programme associant les "Variations symphoniques" de Franck, "L'Inachevée" de Schubert, "Fanfare" une pièce du compositeur Georges Hugon (élève de Paul Dukas) et enfin "La Danse macabre" de Liszt, une œuvre choisie en référence à la fresque du XVe siècle qui orne l’édifice (et composée de 24 personnages qui dansent avec un squelette).

C’est donc ce même concert qui a été joué le 18 août en l'abbatiale Saint-Robert avec le pianiste Pascal Amoyel - qui fut lui-même élève de Cziffra - et l’Orchestre d’Ile-de-France, un des tout premiers à s'être produits au festival.

Reportage : G. Rivollier / E. Brot-Monnier / S. Gastaud / A. Cretin
Depuis ce concert de septembre 1966, bien des notes ont résonné au cœur de La Chaise-Dieu. La "simple" soirée de concert s’est étoffée d’un récital de piano avant de devenir un festival, l’un des plus importants de France avec en moyenne 20 000 spectateurs, plutôt très fidèles : en 2015, 35% des festivaliers venaient pour la sixième année de suite.
 

Entre souvenir et découverte

Pour les 50 ans du festival, Julien Caron, le jeune (il n’a que 26 ans) directeur a bâti un programme à la fois rétrospectif et tourné vers l’avenir.

Rétrospectif avec la présence de trois ensembles baroques qui sont venus à plusieurs reprises à La Chaise Dieu : La Grande Écurie et la Chambre du Roy de Jean Claude Magloire qui jouera "La Passion selon Saint Matthieu" de Bach ; Françoise Lasserre et son ensemble Akadêmia donneront le "Magnificat" et la "Trauerode"  de Bach ;  Raphaël Pichon et l'ensemble Pygmalion vont créer un programme autour de "La Pellegrina".

Le côté "découverte" de cette édition 2016 : quatre créations ont été commandées par Nicole Corti (chef de l’ensemble Spirito) aux compositeurs Philippe Hersant, Gilbert Amy, Lucien Guérinel et Edith Canat de Chizy. Le festival se tournera aussi pour la première fois vers les musiques sacrées du monde avec la "Misa Criolla" d'Ariel Ramírez, et la "Misa de Indios". Une programmation jeune public est prévue le  mardi 23 août avec une journée consacrée aux familles et aux enfants.  

Le festival de la Chaise-Dieu se poursuit jusqu'au 28 août dans 17 lieux différents.