Luz annonce son départ de Charlie Hebdo dans une semaine

Par @Culturebox
Mis à jour le 23/09/2015 à 16H39, publié le 23/09/2015 à 16H22
Le dessinateur Luz à Paris, une semaine après l'attentat contre Charlie Heddo. © François Guillot/AFP

Le dessinateur Luz, auteur de la caricature controversée de Mahomet qui avait suivi l'attentat contre Charlie Hebdo, a annoncé qu'il quitterait l'hebdomadaire dans une semaine, dans le numéro de l'hebdomadaire paru mercredi.

"Je crois qu'un énième cours de dessin s'impose. À une semaine de la retraite, si c'est pas malheureux", écrit Luz, revenant sur la polémique suscité par un dessin de Riss sur Aylan, le petit enfant syrien mort noyé.
 
Paru dans le Charlie Hebdo du 9 septembre, le dessin de Riss, une des "couvertures auxquelles vous avez échappé", représentait l'enfant noyé, sous un panneau publicitaire pour McDo, avec pour légende "Si près du but".
 
Ce dessin a suscité des commentaires indignés sur les réseaux sociaux en France et à l'étranger, et valu au journal des accusations de racisme. "Ce dessin ne se moque pas des migrants mais de notre société libérale et hypocrite" et "pointe du pinceau cette Europe riche, surconsommatrice, qui aura attendu d'avoir la médiatisation de la mort d'un enfant sur la conscience pour réfléchir enfin au sort des migrants", réplique Luz.

 Le prochain numéro sera la dernière participation de Luz au journal

Quant à son départ de Charlie Hebdo, que Luz avait annoncé en mai, il aura lieu la semaine prochaine : le prochain numéro sera sa dernière participation au journal, a-t-il confirmé.
 
Luz, qui signe la "Une" de cette semaine, était devenu le dessinateur vedette de Charlie Hebdo après la mort de Cabu, Wolinski, Tignous et Charb, assassinés le 7 janvier.
 
Il était l'auteur de la une avec Mahomet, affirmant "tout est pardonné", qui avait suivi la tuerie à la rédaction de Charlie Hebdo (12 morts). Elle avait suscité des manifestations parfois violentes dans le monde.
 
Luz (43 ans), entré à l'hebdomadaire en 1992, avait échappé à la mort car il était en retard ce jour-là. Il avait expliqué en mai dernier son départ par "un choix très personnel". "Si je me barre, c'est que c'est difficile pour moi de travailler sur l'actualité. Beaucoup de gens me poussent à continuer, mais ils oublient que le souci, c'est l'inspiration".