Le monde du théâtre mobilisé pour la marche contre le terrorisme

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/01/2015 à 13H39
La place de la Bastille à Paris pendant la marche républicaine 

La place de la Bastille à Paris pendant la marche républicaine 

© BERTRAND GUAY / AFP

Le monde du théâtre s'est mobilisé pour participer dimanche à la grande marche contre le terrorisme. Aux côtés du président français, des dirigeants étrangers, des familles de victimes, des personnalités... plus d'un million de personnes ont défilé à Paris pour un rassemblement historique.

Ariane Mnouchkine a appelé tous ceux qui le souhaitent à rejoindre le Théâtre du Soleil pour défiler à ses côtés, et leur avait donné rendez-vous au Bataclan. Stéphane Lissner, le directeur de l'Opéra, a signé un texte commun avec Laurent Bayle, président de la nouvelle Phiharmonie de Paris, Luc Bondy (Odéon), Didier Deschamps (Théâtre National de Chaillot), Jérôme Deschamps (Opéra Comique) et Eric Ruf (Comédie-Française). La Philharmonie va dédier ses premiers concerts, le 14 janvier, aux victimes des attentats. Participeront également à la marche Pierre Lescure, président du Festival de Cannes et Emmanuel Demarcy-Mota directeur du Théâtre de la Ville.

Des représentations annulées pour participer à la marche

De très nombreux théâtres ont soit annulé, soit décalé leurs représentations pour permettre à leurs équipes et à leur public de participer à la manifestation. C'est le cas du Théâtre de l'Odéon, des Métallos, des Amandiers de Nanterre, du Théâtre de la Colline, de la Commune à Aubervilliers, du Théâtre de Genevilliers (T2G). Au T2G, la pièce "Répétition" ne sera pas donnée, et ses acteurs, dont Denis Podalydès de la Comédie-Française, défileront avec l'équipe du théâtre. Eric Ruf, l'administrateur du Français, sera à la manifestation avec les comédiens qui ne jouent pas dimanche. La Comédie-Française a choisi de maintenir ses représentations du "Chapeau de paille d'Italie" et d'"Oblomov" pour ne pas pénaliser les spectateurs venant de province. 

Le directeur du Théâtre de la Ville, Emmanuel Demarcy-Mota, a appelé "l'ensemble des personnels des théâtres à participer à la marche républicaine", et multiplie depuis plusieurs jours les coups de fils à l'étranger pour rallier les artistes invités réguliers du festival d'Automne qu'il dirige.
Rassemblement pour Charlie Hebdo à Marseille le 11/01/2015

Rassemblement pour Charlie Hebdo à Marseille le 11/01/2015

© PHOTOPQR/LA PROVENCE
Des manifestations à Paris, en Province et à l'étranger
 
Paris s'est mué en capitale du monde contre le terrorisme en accueillant une immense et internationale manifestation d'hommage aux 17 victimes tuées cette semaine par trois jihadistes français. Dirigeants du monde entier, partis, syndicats, groupes religieux juifs, chrétiens, musulmans, associations, personnalités accompagnent une foule de plusieurs centaines de milliers de personnes. Dans le même temps, des rassemblements se tenaient en régions et à l'étranger, de Londres à Berlin en passant par Washington et Montréal.

Reportage : C.Mathy, E.Riou
Un comptage des manifestants impossible à Paris

La marche de la République à Nation a pris une ampleur "sans précédent" qui rend "impossible un comptage" des manifestants, a déclaré à l'AFP le ministère de l'Intérieur. "Les manifestants sont dispersés sur un périmètre beaucoup plus large que les trajets initialement prévus", a affirmé la place Beauvau. Un peu plus tôt, le socialiste François Lamy, un organisateur du défilé, a évoqué le chiffre de 1,3 à 1,5 million de manifestants dans la capitale. A 17h, plus d'un million de personnes défilaient en province, selon un décompte provisoire établi par l'AFP, au lendemain d'une journée qui avait vu 700.000 manifestants marcher dans toute la France. Entre 300.000 personnes à Lyon, 140.000 à Bordeaux, 115.000 à Rennes, 60.000 à Marseille, Saint-Etienne, 50.000 à Clermond-Ferrand, 45. 000 à Angers, 40.000 à Perpignan....                  
            
Plaidoyer pour la liberté des 28 ministres de la Culture de l'UE

Les ministres chargés de la Culture des 28 pays de l'UE ont fait front commun dimanche pour s'engager à défendre la liberté d'expression et de création, en condamnant la "barbarie" qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo. Cet attentat "innommable" visait "à restreindre la liberté de penser, s'exprimer et créer", qui sont "des valeurs fondamentales de la démocratie européenne", ont dénoncé les ministres, dans un communiqué commun rendu public par la présidence lettone de l'UE. "Nous n'acceptons pas les tentatives des terroristes d'imposer leur propres normes. Depuis des temps immémoriaux les arts ont inspiré la réflexion, faisant surgir de nouvelles idées et luttant contre l'intolérance et l'ignorance", poursuit la déclaration. "Nous restons solidaires pour défendre la liberté d'expression et nous engageons à protéger le droit des artistes à créer librement", ajoutent ces ministres.

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