La pièce "Lapidée" déprogrammée après les attentats jihadistes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/01/2015 à 17H12
Détail de l'affiche de "Lapidée"

Détail de l'affiche de "Lapidée"

© DR

La société de production de la pièce "Lapidée", dont l'affiche montre une femme voilée avec une larme de sang au coin de l'oeil, a choisi de "reporter" sa programmation à Paris de plusieurs mois, après les attentats perpétrés à Paris par des jihadistes.

"Nous avons pris unanimement cette décision le vendredi 9 janvier, au moment de l'assaut des forces de police dans l'Aisne et à Paris contre les preneurs d'otages", a expliqué mercredi à l'AFP Claude Telliez, de la société Aigle Noir Productions.

"Lapidée", créée en 2013 au festival d'Avignon, se passe au Yémen où une jeune femme hollandaise, accusée d'adultère par son époux yéménite, finit par être lapidée.

La pièce était initialement programmée du 14 janvier au 1er mars, et la campagne d'affichage devait commencer le 12 janvier, soit le lundi suivant les attentats, sur les colonnes Morris et dans les couloirs du métro. "La préfecture de police, contactée par un membre de la production, nous a dit que dans les circonstances, l'affichage pourrait être considéré comme une provocation", a indiqué Claude Telliez. "Comme il ne s'agit pas d'un lieu public, nous ne pouvions pas être protégés dans le cadre de vigipirate, et nous devions recourir à une société de sécurité privée: c'est possible pour trois représentations mais pas pour trente", a-t-il ajouté.

"Pas d'autocensure"

L'équipe a donc décidé de jouer trois fois (sous la surveillance de vigiles, pour un coût de 360 euros par soir) au petit théâtre parisien Ciné XIII, puis de jouer en juillet dans le "off" à Avignon avant de reprendre la pièce début 2016 à Paris, une information révélée par la presse suisse. "Il ne s'agit pas d'autocensure, il s'agit de responsabilité", se défend Claude Telliez. "Qui a envie de prendre le risque ?"

La pièce, écrite par le pasteur suisse Jean Chollet-Naguel, qui dirige l'espace culturel des Terreaux à Lausanne, avait suscité des réactions virulentes de groupes islamistes lors de sa création en 2013 à Avignon, rappelle Claude Telliez.