L'urgentiste Patrick Pelloux annonce qu'il quitte Charlie Hebdo

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/09/2015 à 14H00, publié le 26/09/2015 à 11H10
L'urgentiste Patrick Pelloux a annoncé qu'il quittait Charlie Hebdo

L'urgentiste Patrick Pelloux a annoncé qu'il quittait Charlie Hebdo

© CITIZENSIDE/SAÏD ANAS / citizenside.com

L'urgentiste Patrice Pelloux a décidé d'arrêter sa collaboration avec Charlie Hebdo. Il l'a annoncé vendredi soir sur Web7Radio, une radio lycéenne.

Selon un communiqué de presse de Web7Radio, publié par le blog Tv News, l'urgentiste Patrick Pelloux annonce son départ de Charlie Hebdo. Ce départ, "sans doute début janvier", a été confirmé à l'AFP par Zineb El Rhazoui, journaliste de Charlie Hebdo, dont la rédaction a été décimée par un attentat en janvier.
Dans son interview à Web7Radio, l'urgentiste a précisé, indique le communiqué : "Si j'ai décidé d'arrêter d'écrire dans Charlie Hebdo, c'est parce qu'il y a quelque chose qui est terminé".  "Il y en a d'autres qui vont continuer ce journal et je reste Charlie hebdo dans l'âme, mais il faut savoir tourner la page un jour", a poursuivi Patrick Pelloux au micro d'Hadrien Brachet.

"Sans tambours ni trompettes"

"Je pense que je n'ajoute plus rien à ce journal", a ajouté Patrick Pelloux, qui partira, dit-il "sans tambours ni trompettes", avant de préciser qu'il est très heureux d'annoncer cette information sur une radio de lycéens (Web7Radio) parce qu'il pense que "les médias ont tiré un peu trop sur Charlie Hebdo avec des choses toutes faites".

"Je n'ai plus le courage de continuer, chaque semaine on vous parle des attentats. Je ne veux plus en parler, c'est probablement la dernière fois que j'en parle à un média", a-t-il conclu.L'urgentiste est chroniqueur au journal depuis une douzaine d'années. Il avait été l'un des premiers à arriver sur place après l'attaque du 7 janvier dans les locaux de l'hebdomadaire, qui avait fait 12 morts. Il était très proche du directeur de la publication Charb, tué dans cet attentat avec les dessinateurs Wolinski, Cabu, Honoré et Tignous.

Depuis, il est devenu l'un des porte-voix du journal, vivant comme d'autres membres de l'équipe sous très haute protection policière. Sa décision intervient alors que le dessinateur emblématique Luz, auteur après l'attentat d'une "Une" controversée avec Mahomet affirmant "tout est pardonné", vient de confirmer qu'il quittait le journal la semaine prochaine.

"Des différends avec la direction"

Leurs départs risquent de compliquer un peu plus la reconstruction de l'hebdomadaire. Malgré un avenir financier dégagé grâce aux nouveaux abonnements, dons et aides publiques (100.000 exemplaires vendus, 210.000 abonnés), la rédaction a été la proie ces derniers mois de tensions internes.

"Patrick m'a annoncé son départ hier soir", a précisé Zineb El Rhazoui. "Aujourd'hui, c'est clair que les choses ne se passent pas bien avec la direction (de Charlie Hebdo, ndlr). Patrick fait partie des gens qui sont dans le collimateur depuis des mois", a-t-elle assuré, évoquant des différends liés aux questions financières et éditoriales, mais aussi au "partage de la décision" au sein de la rédaction.

Le rédacteur en chef de l'hebdomadaire, Gérard Biard, a indiqué à l'AFP ne pas être au courant de la décision de Patrick Pelloux.