Jean-Marie Gouriot, ancien de Charlie Hebdo : "Je n'arrive pas à les voir à terre"

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/01/2015 à 12H38, publié le 13/01/2015 à 12H27
Jean-Marie Gouriot a travaillé pendant onze ans avec les équipes de Hara-Kiri et Charlie Hebdo

Jean-Marie Gouriot a travaillé pendant onze ans avec les équipes de Hara-Kiri et Charlie Hebdo

© France 3 Culturebox

Devenu célèbre auprès du public avec ses "Brèves de comptoir", Jean-Marie Gouriot a aussi été dans les années 80 et pendant onze ans un membre de l’équipe Charlie Hebdo. Après le drame qui a touché le journal, il ne cache pas son émotion face à la perte de ses amis mais aussi face à la "douceur" des rassemblements qui ont eu lieu dans toute la France.

Reportage : A. C-Savary / C. Matthieu / P. Maillard
Quand on regarde le parcours de Jean-Marie Gouriot, on ne trouve rien d’étonnant à ce qu’il ait croisé un jour celui d’Hara Kiri et de Charlie Hebdo. Né à Nérac dans le Lot-et-Garonne, Jean-Marie Gouriot a pris les chemins de traverse : viré en seconde d’un lycée de Vitry-sur-Seine, envoyé à 16 ans par sa mère à l’armée, il réussit à en partir et à barouder, sac sur le dos. Revenu à Paris, il décroche le bac en candidat libre avant de faire un Deug à la Sorbonne.

Ce pupille de la Nation (son père, ancien soldat en Indochine est mort quand il avait 5 ans) veut être prof de dessin. Il rencontre un maquettiste de Hara-Kiri et réussit à intégrer l’équipe en 1976 et à s’asseoir "à côté de Cabu". De petits boulots en publication textes, il devient finalement rédacteur en chef adjoint d'Hara Kiri en 1978 puis dans plusieurs autres publications appartenant aux Editions du Square, dont Charlie Hebdo.
La couverture d'Hara Kri en septembre 1982 avec le Professeur Choron

La couverture d'Hara Kri en septembre 1982 avec le Professeur Choron

© Hara Kiri / Editions du Square
Années Hara Kiri et naissance des "Brèves"

C’est d’ailleurs pendant ses années là que sont nées les Brèves de comptoir. Dans Libération du 22 septembre 2014, Gouriot raconte : "A un moment, Bibi Poirier, un mec de l’équipe, a sorti sans prévenir : "Est-ce que tu crois qu’une plante carnivore peut être végétarienne ? ". Gouriot note la phrase qu’il trouve poétique. Avant d’en entendre une autre le lendemain au bistrot.  

De fil en aiguille, il propose au professeur Choron , rédacteur en chef d’Hara Kiri de faire une petit rubrique sur ce sujet. Petite au début et de plus en plus grande jusqu’à occuper une page. La suite (débuté avec la sortie du premier recueil en 1987), on la connaît : les "Brèves" déclinées en une quinzaine d’ouvrages et portées à l’écran en septembre 2014 par Jean-Michel Ribes.
Georges Wolinski et Jean-Marie Gouriot à l'avant-première du film "Brèves de comptoir" le 8 septembre 2014

Georges Wolinski et Jean-Marie Gouriot à l'avant-première du film "Brèves de comptoir" le 8 septembre 2014

L’esprit irrévérencieux de Jean-Marie Gouriot s’est aussi illustré dans des programmes télé devenus cultes comme Le "Tribunal des flagrants délires", "Merci Bernard" ou encore les "Guignols de L’info". 

L'hommage aux collègues dessinateurs de Jacques Ferrandez 

Autre témoignage de soutien adressé à l'équipe de Charlie Hebdo, celui de l'auteur de bande dessinée Jacques Ferrandez. Ce natif d'Alger qui a grandi dans le sud de la France est devenu célèbre avec sa saga "Carnets d'Orient" paru chez Casterman et raconte l’histoire de l'Algérie de sa conquête en 1836 à son indépendance à la fin des années 50. Cette série à valu à Ferrandez le Prix spécial du jury de la revue Historia.

Depuis son atelier de La colle-sur-Loup dans les Alpes-Maritimes, il a publié plusieurs dessins évoquant l'attentat de Charlie Hebdo.

Reportage :  C. Fazi / D. Beaumont / B. Mariani