Charlie Hebdo : le festival d'Angoulême en deuil et en résistance

Par @Culturebox
Mis à jour le 27/01/2015 à 12H36, publié le 08/01/2015 à 12H23
Georges Wolinski au Festival de BD d'Angoulême en 2006

Georges Wolinski au Festival de BD d'Angoulême en 2006

© PHOTOPQR/SUD OUEST

Depuis hier, la France entière est en état de choc. L'attentat contre Charlie Hebdo laisse orphelins les amoureux des mots, des dessins et de l'impertinence. Angoulême, capitale de la bande-dessinée, rend hommage à Cabu, Tignous, Wolinski et Charb. Franck Bondoux, Délégué général de la manifestation, appelle à la résistance pour la prochaine édition.

A Angoulême, le festival international de la bande-dessinée est tétanisé mais reste debout droit dans ses convictions et s'apprête à célébrer la prochaine édition fin janvier. 

Franck Bondoux, le responsable de la manifestation dédiée au 9e art  a réagi à l'attentat. "Au siège de Charlie Hebdo, des hommes sont morts pour avoir été des dessinateurs, des esprits libres"  Pour lui, même si une ombre plane sur cette 42e édition, "il ne faut céder ni à la paranoïa ni à l'intimidation."

"Tous nous étaient proches, car ils avaient ce même talent de savoir tout dire en quelques traits, pour nous donner à penser", a-t-il souligné. "Parce que c'est notre vocation, grâce aux auteurs de BD qui nous montrent la voie, nous continuerons de penser, avec eux et par nous-mêmes", poursuit-il. "Et avec une certitude : le dessin est éternel et, dans nos coeurs, les dessinateurs disparus de Charlie Hebdo le seront toujours aussi. Le dessin et ses dessinateurs sont éternels."

Invité sur le plateau de France 3 Poitiers, Franck Bondoux revient sur le rapport que ces auteurs avaient la menace constante qui planait sur eux. La conviction et l'engagement restaient toujours le leitmotiv de ces auteurs. Le prochain festival s'inscrit comme une caisse de résonnance à la résistance. "Résistons ensemble, regroupons-nous, échangeons et donnons la parole aux auteurs" ajoute-t-il. Il termine en annonçant qu'un hommage sera rendu lors du prochain festival international de la bande-dessinée d'Angoulême qui aura lieu du 29 janvier au 1er février 2015
Wolinski : "les forces du mensonge la plus grande menace"
Le festival d'Angoulême et Charlie Hebdo entretiennent depuis des années de forts liens d'amitié. 
Une amitié et un soutien à la liberté de la presse. En 2006 Georges Wolinski était le président du festival d'Angoulême. Iavait donné une touche très Charlie au festival où l'impertinence s'opposait à toutes formes de censure. Interviewé à l'époque par une équipe de France 3 Poitiers, le caricaturiste revenait sur la liberté d'expression : "Nous avons fait des progrès dans le domaine de la liberté des moeurs, le rôle des femmes, mais c'est fragile, il y a des forces obscures qui menacent et qui sont derrière les forces de l'argent, de la réaction, des associations familiales et la religion surtout. Les forces du mensonge qui menacent" concluait-il. 

Reportage : D. Laveau / M. Sitaud 
La BD endeuillée et l'hommage des éditeurs
Tout le monde de la bande-dessinée est sous le choc "Charlie Hebdo, c'est nous tous", a affirmé pour sa part l'Association des critiques et journalistes de bande dessinée.

"Parmi les 12 personnes assassinées à la rédaction de Charlie Hebdo, quatre auteurs proches des éditions Glénat sont morts parce qu'ils défendaient leurs idées, leur vision du monde, leur bonheur de toujours dessiner notre vie quotidienne", a dit la maison d'édition qui a adopté le logo "Je suis Charlie". Le PDG des éditions Glénat, Jacques Glénat, qui débuta comme garçon de courses à Charlie Hebdo, "pleure ses maîtres Wolinski et Cabu et leurs jeunes disciples Tignous et Charb". "Ils sont morts au champ d'honneur de la liberté de la presse", ajoute l'éditeur.

Les éditeurs ont également réagi à la mort des auteurs de Charlie Hebdo. Le Syndicat national de l'édition a dénoncé "l'atteinte ignoble à l'encontre de la liberté de la presse, de la liberté d'expression et de publier, fondements de la démocratie".

"Les éditeurs rendent hommage à toutes les victimes. En particulier, aux auteurs lâchement assassinés, les dessinateurs Cabu, Charb, Tignous et Wolinski, ainsi que l'auteur et journaliste Bernard Maris, ces esprits libres dénonçant inlassablement tous les fanatismes et obscurantismes". "La barbarie, qui s'attaque aux auteurs, à l'écrit, à l'esprit, n'aura pas le dernier mot"