Attaque contre Charlie Hebdo : 12 morts dont Cabu, Wolinski, Charb et Tignous

Par @Culturebox
Mis à jour le 08/01/2015 à 11H51, publié le 07/01/2015 à 12H15
Les 2 terroristes à l'attaque de Charlie Hebdo

Les 2 terroristes à l'attaque de Charlie Hebdo

© ANNE GELBARD / AFP

Deux hommes, lourdement armés, ont attaqué mercredi matin le siège de Charlie Hebdo à Paris. Le bilan est très lourd : 12 morts dont les dessinateurs Charb, Cabu, Tignous et Wolinski Bernard Maris, économiste et chroniqueur sur France Inter et 2 policiers. Le plan Vigipirate a été relevé au niveau "alerte attentats". 3 criminels sont impliqués selon Bernard Cazeneuve.

"Vers 11h30, deux hommes armés d'une kalachnikov et d'un lance-roquette, ont fait irruption au siège du journal satirique Charlie Hebdo dans le XIe arrondissement de Paris. Un échange de coups de feu a eu lieu avec les forces de l'ordre", a déclaré une source proche de l'enquête. En quittant les lieux, les deux agresseurs ont blessé par balle un policier. Ils ont, ensuite, braqué un automobiliste porte de Pantin et percuté un piéton.
Impact de balle dans la vitre de Charlie Hebdo

Impact de balle dans la vitre de Charlie Hebdo

© MARTIN BUREAU / AFP
Selon un rescapé, les agresseurs ont fait irruption lors d'une conférence de la rédaction et crié: "Nous avons vengé le prophète!" et "Allah akbar", a
affirmé une source policière. Les dessinateurs Charb, Cabu, Tignous et Wolinski figurent parmi les 12 personnes tuées, a annoncé le parquet. Parmi ces 12 morts figurent deux policiers. Le président de la République a précisé que 4 autres personnes étaient grièvement blessées et "dans une situation d'urgence absolue". Selon le Parquet il y aurait au moins trois autres blessés. 

"Je pense qu'il y a des victimes", avait auparavant déclaré par téléphone le dessinateur, Renaud Luzier, dit Luz, visiblement paniqué. "J'ai entendu des coups de feu, j'ai vu des gars cagoulés qui sont partis en voiture. Ils étaient au moins cinq", a déclaré à l'AFP Michel Goldenberg, un voisin qui a son bureau dans la même rue que Charlie Hebdo, la rue Nicolas Appert. Un autre voisin, Bruno Leveillé, a raconté à l'AFP avoir entendu "à 11h30 pile, une trentaine de coups de feu pendant une dizaine de minutes".
Le plan vigipirate relevé au niveau alerte attentats

Le Premier ministre Manuel Valls a décidé de relever le plan Vigipirate au niveau "alerte attentats", le niveau le plus élevé, sur "l'ensemble de la région Ile-de-France", a indiqué Matignon à l'AFP. "Les organes de presse, les grands magasins, les lieux de culte et les transports" sont placés sous "protection renforcée". "Toutes les forces disponibles sont mobilisées et des renforts civils et militaires seront déployés dans le cadre du plan Vigipirate", que Manuel Valls vient de relever, indique Matignon. "Tous les moyens sont mis en oeuvre pour identifier, traquer et interpeller les auteurs" de l'attaque.

Une Une sur "Soumission" de Michel Houellebecq

Sans qu'on sache s'il y a un lien avec cette attaque, Charlie Hebdo a fait la Une de son dernier numéro paru ce mercredi avec "les prédictions du mage Houellebecq: en 2015 je perds mes dents... En 2022 je fais Ramadan !". Le livre de l'écrivain controversé paru mercredi "Soumission" prédit l'arrivée au pouvoir d'un parti musulman.

L'avocat de l'hebdomadaire, Richard Malka, a précisé sur iTELE que Charlie Hebdo "faisait l'objet d'une protection policière depuis l'affaire des caricatures de Mahomet et jusqu'à aujourd'hui. Charb était protégé par le service de protection des personnalités. Les menaces étaient constantes. C'est effrayant".