A New York, le Village Voice publie sa dernière édition papier

Par @Culturebox
Mis à jour le 21/09/2017 à 09H17, publié le 21/09/2017 à 09H14
Le Village Voice ne sera plus distribué dans la rue, il sera disponible en version numérique uniquement

Le Village Voice ne sera plus distribué dans la rue, il sera disponible en version numérique uniquement

© Drew Angerer / Getty Images North America / AFP

L'hebdomadaire culturel new-yorkais The Village Voice, institution fondée il y a plus de 60 ans par Norman Mailer, a publié mercredi la dernière édition imprimée de son histoire, avant de passer en tout numérique.

Le Village Voice avait annoncé la fin de son édition papier fin août, justifiant cette décision par sa volonté de "revitaliser" et de "réimaginer" la marque "Village Voice".
 
Créé en 1955 par l'écrivain américain Norman Mailer, avec Dan Wolf et Ed Fancher, cet hebdomadaire très axé autour de la culture et de la politique s'est vite imposé comme une institution.

Un lieu d'idées et de débats

Né du bouillonnement culturel du quartier de Greenwich Village, le magazine était un lieu où fusaient les idées, les débats, le doigt toujours sur le pouls de l'actualité, avec régulièrement des révélations venues d'un grand journalisme d'investigation. Le magazine a notamment remporté trois prix Pulitzer.
 
"Le 'Voice' a changé le cours du journalisme, de la législation, de la culture populaire, d'élections, d'affaires judiciaires, de carrières politiques, de vies, d'histoires d'amour et de New York elle-même", a écrit le rédacteur en chef Stephen Mooallem dans un long éditorial de deux pages au fort parfum de nostalgie, publié mercredi.
 
Passé au gratuit en 1996, à une époque où la concurrence n'avait pas de commune mesure avec ce qu'elle est aujourd'hui, le Village Voice a souffert, par la suite de la migration vers internet des petites annonces qui étaient une source majeure de revenus pour le titre.

Un des derniers titres disponible dans les fameux distributeurs

Il était encore tiré à 120.000 exemplaires par semaine, soit la moitié du tirage de la période qui a suivi le passage au gratuit (230.000).
 
Le Village Voice était l'une des dernières publications mises à disposition dans des distributeurs dédiés (rouge), modèle jadis utilisé par tous les quotidiens new-yorkais.
 
Pour son propriétaire, Peter Barbey, le "Voice" a été, depuis plus de 60 ans, "un phare du progrès et une voix littéraire pour des milliers de gens dont les identités, les opinions et les idées n'auraient peut-être pas été entendues autrement".
 
"Je le vois continuer à jouer ce rôle et bien, bien plus encore", avait-il expliqué dans un communiqué publié fin août.