Attentats de Paris : pour Dominique Revert, cogérant du Bataclan, "il faut continuer les concerts"

Par @Culturebox
Publié le 15/11/2015 à 18H25
Le groupe Eagles of Death Metal sur la scène du Bataclan le 13 novembre 2015

Le groupe Eagles of Death Metal sur la scène du Bataclan le 13 novembre 2015

© Marion Ruszniewski / Rock&Folk / AFP

Dominique Revert, producteur de spectacles et cogérant du Bataclan à travers la société Alias, a déclaré dimanche n'avoir jamais entendu parler de menaces visant la salle et a souhaité que les concerts reprennent rapidement à Paris, avec une sécurité renforcée.

Q : Votre société de production Alias est cogérante du Bataclan avec Lagardère Live Entertainment et le tourneur Astérios. Le personnel a-t-il été touché dans l'attentat de vendredi soir ?
 
R : "On recherche deux personnes, on ne sait pas encore. Il y a du personnel blessé, mais hors de danger. Notre sécurité (une équipe de 12 personnes) n'a pas été touchée, alors que ce sont ceux qui ont évacué un maximum de gens. Ils ont vraiment été héroïques, fantastiques: même pendant le mitraillage, ils sont entrés à nouveau dans la salle. Ils auraient pu fuir en courant, mais non, ils sont re-rentrés, pour essayer de sortir un maximum de gens. Concernant la sécurité, il y a des contrôles à l'entrée, mais, vous ne pouvez rien faire contre des gens qui arrivent avec des mitraillettes... Il n'y a pas de contrôle à faire."
 
Comment expliquez-vous que la salle ait été ciblée ? Par le passé, en 2002 ou en 2008 par exemple, elle a été visée par des manifestations propalestiniennes à l'occasion de l'organisation de galas par des organisations juives.
 
"Les anciens propriétaires organisaient régulièrement des réunions pour des associations juives. On a récupéré la gérance en 2004 et les propriétaires ont continué à organiser des réunions, seulement une fois par an, jusqu'en 2011. Mais honnêtement, là, c'était la Syrie, pas la Palestine, ce n'est pas la même chose. C'était contre la France ces attentats, contre la soi-disant dépravation de la France, la dépravation du rock. Cela s'est aussi passé dans des arrondissements dits bobo, où tout le monde fait la fête, avec des gens aux terrasses, qui boivent de l'alcool... On n'a pas eu de menaces."

Comment les producteurs de spectacles doivent-ils maintenant s'organiser ?
           
"On a un syndicat, le Prodiss, qui réunit les producteurs de spectacles, les salles, les festivals mais aussi les diffuseurs. On va se réunir cette semaine et on va décider quelque chose. Je ne peux pas vous dire quoi encore, mais il faut aller vite. Il n'y a pas vraiment de différence entre un cinéma, un concert, une réunion politique ou même un match de football. Les risques sont les mêmes. On ne va pas tout arrêter. On va renforcer la sécurité, c'est sûr, on va travailler sur un plan vigipirate extrême, mais en tout cas on va continuer. Sauf nouvel arrêté préfectoral, les concerts de la semaine prochaine vont avoir lieu."