Attentats : Les producteurs et patrons de salles réclament un plan d'aide et lancent une campagne "Tous au concert"

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 24/11/2015 à 16H15, publié le 24/11/2015 à 13H04
"Tous au concert", la campagne du Prodiss après les attentats.

"Tous au concert", la campagne du Prodiss après les attentats.

© Prodiss

Les producteurs de spectacles et patrons de salles de concerts réunis au sein du syndicat Prodiss ont réclamé mardi un plan de soutien du secteur de 50 millions d'euros pour les aider à faire face à la baisse de fréquentation et aux dépenses de sécurité, suite aux attentats. Le Prodiss a demandé par ailleurs à ses adhérents d'abonder un fonds d'aide aux victimes du 13 novembre.

De très petites entreprises qui ont besoin d'être accompagnées

S'ils saluent la mise en place immédiate par la ministre de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin d'un fonds d'urgence de 4 millions d'euros, les représentants du Prodiss estiment que "l'onde de choc nécessite un plan d'envergure à moyen terme du gouvernement" que le syndicat évalue à 50 millions d'euros.

Le Prodiss compte aussi bien des salles institutionnelles que privées et de petite taille comme de très grande capacité (Zénith et festivals compris). Mais il souligne que la plupart des salles sont des TPE (60% des concerts ont lieu dans des salles de moins de 200 personnes), dont le chiffre d'affaire est inférieur à 1 millions d'euros. Des entreprises fragiles, indispensables dans l'écosystème du développement des artistes, qui ont besoin d'être soutenues et accompagnées.
A la conférence de presse du Prodiss mardi 24 novembre 2015 à Paris.

A la conférence de presse du Prodiss mardi 24 novembre 2015 à Paris.

© Laure Narlian / Culturebox

Les préconisations en terme de sécurité

Le syndicat, qui tenait une conférence de presse mardi matin à Paris, demande la nomination d'un expert sécurité au ministère de la Culture et souhaite engager la réflexion et participer à la concertation avec les pouvoirs publics.

En attendant, il préconise la mise en place de billets nominatifs comme dans les stades de football avec contrôles d'identité lors de l'achat des billets et à l'entrée des salles. Il suggère aussi le renforcement des fouilles et la mise en place de périmètres de sécurité plus larges autour des établissements, des mesures qui sont déjà appliquées depuis quelques jours dans de nombreuses salles parisiennes, et notamment au Trabendo dont nous avions interviewé le patron la semaine passée. Un guide des bonnes pratiques de l'accueil du public à destination des spectateurs et des professionnels devrait être rapidement édité.

Un label "Tous au concert"

Confirmant la baisse de 80% des ventes de billets la semaine dernière sur Paris, le Prodiss a indiqué que les ventes remontaient actuellement et a salué le militantisme des spectateurs qui ont tenu à venir aux concerts depuis le 13 novembre. Il a espéré que le public revienne dans les salles pour les fêtes de fin d'année, assurant "vous pouvez nous confier vos jeunes". Une campagne de sensibilisation est déjà lancée sous le label "Tous au concert".

En solidarité avec les victimes des attentats et leurs proches, le syndicat a par ailleurs recommandé à ses adhérents qui le souhaitent d'abonder un fonds d'aide, par exemple sur la base d'un euro sur chaque billet vendu en décembre ou d'un euro sur tous les billets vendus en 2016.

Le co-gérant du Bataclan : "les spectacles doivent continuer"

Présent à la conférence de presse, le co-gérant du Bataclan Jules Frutos a estimé qu'il "n'y a qu'une" réponse aux attentats du 13 novembre : "c'est de faire que les spectacles continuent". Refusant de s'exprimer sur l'avenir de la salle, il a indiqué que la direction du Bataclan se concentre actuellement "sur nos équipes qui ont été traumatisées" en essayant "de les suivre du mieux qu'on peut".