Les attentats du 13 novembre au coeur du salon Papiers d'Actu

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/11/2015 à 11H33, publié le 16/11/2015 à 16H34
Dessin de Placide  au salon Papiers d'actu 

Dessin de Placide  au salon Papiers d'actu 

© France 3 Centre-Val de Loire

Malgré les attentats de Paris et l'état d'urgence, la 4ème édition de Papiers d'actu, le salon du dessin de presse et de la caricature, a été maintenu, ce week-end au Poinçonnet, dans l'Indre. Parmi les invités cette année : Placide, Mouss et Ali Hamra, dessinateur syrien exilé en France. Les attaques sanglantes du 13 novembre ont inspiré les dessinateurs.

Reportage : Eloïse Bruzat et Juliette Roché

Au lendemain des attentats meurtriers de Paris, de nombreuses manifestations culturelles ont été annulées, pour des raisons de sécurité. Jean Petitprêtre, maire du Poinçonnet et organisateur du salon Papier d'actu, s'est posé la question, d'autant que le dessin de presse et la caricature sont des thèmes sensibles depuis la tuerie de Charlie Hebdo. Plutôt que de trancher seul, il a décidé de demander à la trentaine de dessinateurs invités ce qu'ils en pensaient.

Ne pas céder face à la barbarie

Ces derniers ont unanimement souhaité que le salon se déroule, pour que "nos copains ne soient pas morts pour rien". "Il ne faut céder sur rien. Ce salon sera une manifestation d'hommage symbolique aux victimes", a déclaré Jean Petitprêtre.  

Samedi matin, Jean Petitprêtre a engagé le dialogue avec les dessinateurs

Samedi matin, Jean Petitprêtre a engagé le dialogue avec les dessinateurs

© NR, Patrick Gaïda

"Fermer le salon prouverait que les terroristes ont gagné. Mais, si le public vient, il doit prendre ses responsabilités en sachant que le risque zéro n'existe pas", a ajouté le dessinateur Seb. Certes, les invités n'avaient pas vraiment le coeur à dessiner sur les événements tragiques de vendredi soir, mais ils ont tout de même tenté de le faire, ne serait-ce que pour défendre la liberté d'expression, comme ils l'avaient fait après l'attentat de Charlie Hebdo. "Il faut montrer qu'on est coutageux et qu'une liberté, ça se défend", a affirmé la dessinatrice Trax.   

Des dessinateurs syrien et iranien 

Parmi les invités : deux dessinateurs en exil. Ali Hamra, tout d'abord, qui a fui la Syrie pour venir vivre en France. "Nous sommes tous en guerre contre l'intégrisme. Les dessinateurs doivent poursuivre leur travail", a-t-il déclaré. Il est connu pour ses caricatures du président syrien, Bachar el Assad. 

Le président syrien Bachar el Assad caricaturé par Ali Hamra

Le président syrien Bachar el Assad caricaturé par Ali Hamra

© Ali Hamra

Egalement invité au salon : le dessinateur satirique iranien Kianoush Ramezani. Menacé de mort par les partisans de l'ex-président Ahmadinejad, il est réfugié politique en France et continue de défendre ses convictions, notamment celle de pouvoir tout dire, tout écrire, tout dessiner. 

La sécurité a été renforcée autour de la manifestation et finalement, tout s'est bien déroulé et le public était au rendez-vous. 

L'affiche du salon Papiers d'actu

L'affiche du salon Papiers d'actu