Face au terrorisme, l'Italie mise à la fois sur la sécurité et la culture

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/11/2015 à 10H35, publié le 25/11/2015 à 10H27
Matteo Renzo s'est exprimé sur la lutte contre le terrorisme depuis le Capitole, le siège de la mairie de Rome (24 novembre 2015)

Matteo Renzo s'est exprimé sur la lutte contre le terrorisme depuis le Capitole, le siège de la mairie de Rome (24 novembre 2015)

© Armando Dadi / AGF Editor / Sipa

L'Italie va dépenser à part égale deux milliards d'euros pour sa sécurité et sa vie culturelle, jugeant que la réponse au terrorisme n'est pas seulement sécuritaire mais réside aussi dans l'innovation et la culture.

"La pensée de l'Italie, qui résonne fortement à travers l'Europe et le monde est la suivante: pour chaque euro supplémentaire investi dans la sécurité, il faut un euro de plus investi dans la culture", a expliqué le chef du gouvernement italien Matteo Renzi dans un discours au Capitole, le siège de la mairie de Rome.

Matteo Renzi veut ainsi consacrer 500 millions d'euros à la cyber-sécurité, à la modernisation des forces de police et 500 millions aux forces armées italiennes. Mais il a ajouté : "Il faut se souvenir de qui nous sommes et donc investir dans l'innovation, la culture, le sport."

Quelque 500 millions d'euros seront donc consacrés aux grandes villes et à leur périphérie. Les projets devront être soumis avant la fin de l'année et achevés en 2016, a expliqué le chef du gouvernement.

Les 500 millions restants financeront des bourses d'études, une "carte culture" d'une valeur de 500 euros offerte à chaque jeune de 18 ans et la possibilité pour les Italiens de consacrer au financement d'une association culturelle la part de leurs impôts (deux pour mille) qu'ils peuvent déjà destiner au financement d'une religion ou d'un parti politique.

"Nous voulons les casques bleus de la culture"

"Ils détruisent les statues, nous voulons les casques bleus de la culture. Ils brûlent les livres, nous sommes ceux des bibliothèques. Ils imaginent la terreur, nous répondons avec la culture", a encore déclaré le président du Conseil italien. Ces mesures devraient être financées en partie en retardant d'un an une diminution de l'impôt sur les bénéfices des entreprises.

Et si cela ne suffit pas, Matteo Renzi a fait valoir que le "pacte d'humanité" était plus important que le pacte de stabilité, qui oblige les États de la zone euro à la rigueur budgétaire. Le chef du gouvernement italien avait choisi de prononcer ce discours, annoncé à l'avance à la presse étrangère, dans la salle des Horace et des Curiace au Capitole, là où précisément a été signé le Traité de Rome, fondateur de la Communauté européenne.

Depuis les attentats de Paris le 13 novembre, l'Italie s'efforce d'être au côté de ses partenaires européens, à commencer par la France, où Matteo Renzi se rend jeudi pour rencontrer le président François Hollande, tout en évitant le recours au vocabulaire guerrier. "L'Italie répudie la guerre", affirme en effet la Constitution de la péninsule.