Attentats de Paris : malgré le choc, monter sur scène pour résister

Par @Culturebox
Mis à jour le 16/11/2015 à 11H52, publié le 15/11/2015 à 19H14
Johnny Hallyday à la Rochelle en juillet 2015 © Xavier Letoy / AFP

Jouer et sortir malgré tout : des musiciens, chanteurs ou comédiens soulignent la nécessité de continuer à monter sur scène et aller voir des spectacles en signe de résistance, après l'attentat qui a touché le Bataclan.

"Il ne faut pas laisser du terrain, il faut continuer à vivre, à être ensemble, à montrer qu'on est unis" : le rappeur Soprano a annulé son concert au Zénith de Paris, samedi au lendemain des attentats, mais a décidé de retrouver la scène dès dimanche soir à Rouen. "Il faut continuer à faire des choses et ne pas se laisser accabler par la peur, sinon ils auront gagné", explique cet artiste musulman, qui profite souvent de ses concerts pour passer des messages de paix entre les religions.
Comme lui, plusieurs artistes ont décidé de continuer à jouer. "Il est temps que rien ne s'arrête et que la France reste le beau pays que nous aimons tous", a déclaré Johnny Hallyday samedi soir lors d'un concert à Strasbourg, après une minute de silence en hommage aux victimes.

"Il faut entrer en résistance"

"Ils veulent nous réduire au silence. Nous ne nous laisserons pas faire, nous ne nous laisserons jamais faire", a également lancé la star Madonna lors d'un concert à Stockholm, avant de chanter "La vie en rose" d'Édith Piaf en français.
Même volonté pour le Français Pierre Perret. "On ne peut pas fermer sa gueule devant ce genre de comportement. Il faut maintenant entrer en résistance", a déclaré au journal Le Parisien le chanteur de 81 ans, auteur de chansons engagées comme "Au nom de Dieu", sur les conflits de religion.
Le monde de la musique a été touché au cœur par l'attentat du Bataclan, qui a fait au moins 89 morts dont plusieurs professionnels du monde musical. Un membre de l'entourage du groupe américain Eagles of Death Metal, des collaborateurs d'Universal Music France, le chargé de communication de la salle de concert parisienne de La Maroquinerie, ou encore Guillaume B.Decherf, journaliste musical aux Inrocks ont été tués lors de ce concert de rock.
 
La jeune chanteuse française Jain, 23 ans, dont une "amie" a été grièvement blessé, a pourtant choisi elle aussi de se produire samedi soir dans le Finistère pour "montrer que la musique prendra toujours le dessus". "Le plus important, c'est de ne pas s'arrêter et de ne pas montrer qu'on a peur."

"On reste planqué chez soi ? Non, pas possible !"       

Louis Bertignac fait lui aussi partie de ceux qui appellent à retrouver le chemin des salles. "Je pose la question : on fait quoi ? On ne sort plus ? On reste planqués chez soi, tapis comme des rats ? On donne raison à six méchants, qui veulent nous tuer ou nous faire peur ? La seule réponse pensable : Non, pas possible !", a écrit l'ex-membre de Téléphone sur Facebook. Un point de vue également partagé par des comédiens, comme Laurent Gerra et Stéphane Guillon qui étaient sur scène samedi soir. "Hier soir en Bretagne aux côtés du public de Lannion... un grand merci à eux. Le rire de résistance !", a souligné ce dernier sur Twitter.


Mass Hysteria: une minute de bruit

Ce week-end par mesure de sécurité, beaucoup de manifestations culturellest ont été annulées. D'autres ont été maintenues. Cétait le cas en Gironde, à Mérignac et à Bordeaux où notamment le groupe de rock Mass Hysteria a maintenu son concert et fair 1 minute de bruit pour résister.

Reportage: Ingrid Gallou, Christel Arfel, Christophe Varone