Attentats de Paris : le monde de la musique frappé de plein fouet

Par @Culturebox
Mis à jour le 14/11/2015 à 21H05, publié le 14/11/2015 à 17H08
Les membres de U2 Bono, Adam Clayton, Larry Mullen Jr and The Edge se recueillent devant le Bataclan, samedi 14 novembre en fin d'après-midi

Les membres de U2 Bono, Adam Clayton, Larry Mullen Jr and The Edge se recueillent devant le Bataclan, samedi 14 novembre en fin d'après-midi

© FRANCK FIFE / AFP

Ce samedi, tout le monde de la musique est sous le choc au lendemain de l'attentat meurtrier qui a visé le Bataclan, l'un des grands lieux de concerts français, en parallèle à plusieurs autres attaques terroristes.

Depuis les attentats, un certain nombre d'artistes, de U2 - qui a annulé ses derniers concerts à Bercy - à Johnny Hallyday, expriment leur émotion. "Bien triste cette fin de semaine. Mes pensées sont pour toute les familles des victimes", a posté sur Twitter Johnny Hallyday.

"Accrochons nous, solidaire et humain", a écrit de son côté le leader du groupe Indochine Nicola Sirkis.

"Speechless (sans voix, ndlr). Nous sommes abasourdis. Nous espérons que le public venu nous voir ce soir à l'Olympia est bien rentré, en lieu sûr", a pour sa part indiqué sur Facebook le groupe français The Dø, qui jouait vendredi soir à l'Olympia? Le concert de samedi est annulé à la suite des mesures prises dans le cadre de l'état d'urgence, a souligné le duo pop sur sa page Facebook.

La société Nous Productions, qui produisait le concert au Bataclan visé samedi soir par un attentat, a également fait part de son émotion sur les réseaux sociaux : "Impossible de trouver les mots face à l'horreur. Nos pensées se tournent naturellement vers les familles des victimes." Le groupe Eagles of Death Metal qui se produisait vendredi soir a mis fin à sa tournée et est reparti pour les États-Unis.

"Normalement, c'est un endroit paisible"

Au lendemain de l'attentat qui a fait plus de 80 morts au Bataclan, selon le dernier bilan provisoire, le monde de la musique était saisi d'effroi. "C'est fou, normalement, c'est un endroit paisible où les gens viennent pour se détendre, et là, c'était l'enfer", témoignait Pierre Janaszak, animateur radio et TV qui était vendredi au Bataclan pour le concert du groupe californien Eagles of Death Metal .

Cet homme de 35 ans est resté caché dans les toilettes pendant la prise d'otages et a été libéré après l'assaut de la police, a-t-il raconté à l'AFP.

Le Bataclan, avec 1.500 places, est l'un des haut lieux des concerts parisiens. La salle était complète vendredi soir. Ouverte à tous les styles musicaux, elle devait accueillir dans les prochaines semaines le groupe de hard rock Accept, le rappeur américain Joey Badass ou la chanteuse à succès Louane.

U2 : un hommage au Bataclan

Bono, Adam Clayton, Larry Mullen Jr and The Edge, les membres de U2, se sont rendus samedi soir devant la salle du Bataclan pour rendre hommage aux victimes.

© FRANCK FIFE / AFP
Le groupe de rock irlandais U2 avait annoncé la nuit précédente l'annulation de son concert prévu samedi soir à Bercy, la plus grande salle couverte de la capitale française (20.000 places maximum), "en raison de l'état d'urgence en cours en France". Ce troisième concert parisien de Bono et sa bande, après ceux de mardi et mercredi, devait faire l'objet d'une retransmission en direct sur HBO. Le concert de dimanche est également annulé.

"Nous sommes dévastés par les pertes de vie humaine au concert des Eagles of Death Metal (...). Nos pensées et nos prières vont au groupe et à ses membres", a indiqué U2 dans un communiqué.

Soprano n'a pas de mots

Le Zénith de Paris, deuxième salle parisienne en taille (avec 6.000 places), a annoncé l'annulation du concert du rappeur Soprano, qui devrait être reporté à une nouvelle date. Interrogé par l'AFP, le patron du Zénith, le producteur Daniel Colling, a déclaré : "Je ne crois pas que le monde du spectacle soit visé, mais tout le monde est sous le choc. Et indépendamment des autorisations ou non d'organiser des concerts, il faudra tenir compte du comportement des musiciens, des techniciens, des personnels des salles..."

"Je n'ai pas de mot pour exprimer ce que je ressens...", a pour sa part souligné sur les réseaux sociaux Soprano, rappeur musulman qui profite souvent de ses concerts pour passer des messages de paix entre les religions.

"Hier soir, on a voulu tuer la musique"

Outre le deuil et la sidération, les attentats de vendredi soir, frappant de plein fouet la vie musicale parisienne, suscitent un sentiment d'accablement particulier à tous les acteurs du spectacle vivant, un secteur à l'économie souvent fragile.

Sur sa page Facebook, Vincent Bessières, président de l'association Paris Jazz Club, a écrit : "Hier soir, on a tiré sur des gens qui étaient allés au concert, boire un verre ou dîner entre amis (...) Hier soir, on a voulu tuer la musique. Nous qui travaillons au quotidien à la soutenir ainsi que ceux qui la font, à servir d’intermédiaires entre artistes et public, nous ne pouvons qu’être profondément choqués par cette attaque au sein d’une salle de concerts. Une attaque contre la liberté d’expression au sens le plus large qui soit : celle de se rassembler, de s’entendre, de partager des émotions, des idées, des sentiments."


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