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« Comme s’il en pleuvait » : Arditi nous surprend dans un autre registre

Publié le 24/09/2012 à 19H51, mis à jour le 10/12/2012 à 15H16
Pierre Arditi dans "Comme s'il en pleuvait"

Pierre Arditi dans "Comme s'il en pleuvait"

© DR
C’est d’abord un billet de 100 euros que trouvent Bruno et Laurence sur leur canapé. Puis des liasses de billets, qui envahissent chaque jour leur appartement… comme s’il en pleuvait. De cette situation absurde, Sébastien Thiéry, dans la veine de « Cochon d’Inde » ou de « Qui est Monsieur Schmitt ?» tire les fils d’une farce féroce, cette fois sur le thème très contemporain de l’argent, l’argent des riches.

Couple de gauche, Bruno et Laurence sont affolés de devenir riches sans le mériter, puis divisés. Elle, s’accroche à la morale, à ses valeurs, lui, jubile avant de sombrer dans la folie.

L’auteur a pensé à Arditi en écrivant la pièce. Et il faut voir avec quel plaisir il le fait maltraiter sa femme de ménage espagnole ou dire les pires horreurs quand son épouse lui propose de donner cet argent aux accidentés de la route : « Quels accidentés ? Des crétins qui ne sont même pas foutus de traverser une rue sans se faire écraser ? Ils n’avaient qu’à faire attention avant de traverser ! Cest pas compliqué quand même… On ne peut pas encourager des abrutis pareils. »

Pierre Arditi est comme un poisson dans l'eau 
Passant en une fraction de seconde de la plus parfaite mauvaise foi, sa marque de fabrique, à l’angoisse la plus absolue, le comédien est comme un poisson dans l’eau dans l’univers à la Ionesco de Sébastien Thiéry. Il jubile d’incarner ce personnage politiquement très incorrect : « Bon ça va maintenant ! Hein ça va ! Etre de gauche c’est pas forcément porter un pull qui gratte et manger du pâté de foie en boite ! On peut être socialiste et se faire plaisir, non ? On n’est pas condamné, sous prétexte qu’on a des valeurs humaines, à s’habiller comme un con et à bouffer de la merde ! ». Dans ce délire, Evelyne Buyle est à l’unisson. Tellement juste et naturelle, qu’elle nous fait tout gober.

On rit, beaucoup, avec toujours un sentiment d’inconfort. Cette fable qui se termine par un coup de théâtre, en dit long sur notre société. Le bouche à oreille va fonctionner. Une très bonne soirée !


Extrait : mais d'où vient cet argent ?

Extrait de "Comme s'il en pleuvait" Extrait de "Comme s'il en pleuvait"


"Comme s'il en pleuvait"
Théâtre Edouard VII
10, place EdouardVII
75009 Paris
Du mardi au samedi à 21h,
le samedi à 18h,
et le dimanche à 15h30

Location : 01 47 42 59 92