"Valérian" de Luc Besson pourrait ne pas être tourné en France

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/08/2015 à 19H48, publié le 24/08/2015 à 20H18
Luc Besson à Pékin le 18 avril 2015

Luc Besson à Pékin le 18 avril 2015

© Wu Hong / EPA / Newscom / MaxPPP

Le réalisateur français Luc Besson redoute que son prochain long métrage, "Valérian", superproduction d'un budget de 170 millions d'euros devant employer quelque 1.200 personnes pendant 6 mois, ne se tourne pas en France. Motif : le crédit d'impôt défavorable aux films en langue anglaise. Réponse de Fleur Pellerin : elle ne fera pas de cas particulier...

Le système de crédit d'impôt cinéma permet à une société de production de déduire de son imposition 20% de certaines dépenses de production effectuées en France. "Je ne sais pas si je pourrai tourner en France. C'est dans les arcanes politiques... Je pense que tout le monde aimerait bien que l'on fasse le film ici, encore faut-il qu'on ait le droit", a assuré le cinéaste sur RTL, lundi soir.

"Je ne suis ni optimiste ni pessimiste. Je prépare mon film et j'espère que ça pourra s'arranger...", a-t-il ajouté à propos de l'adaptation de la BD de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières. "J'ai envie de tourner dans mon pays avec des techniciens français. Ça me met les boules comme on dit. J'ai prévenu les autorités", a affirmé Luc Besson, citant le nom de François Hollande.

"Un trou juridique"

"Il y a un tout petit problème qui s'appelle les crédits d'impôts qui, en France pour les films français, sont de 20% et pour les films étrangers de 30%... Le seul problème, c'est que je suis un film français en langue anglaise donc j'ai le droit à zéro en tant que film français. En tant que film étranger du coup, j'ai droit à zéro parce que le producteur est français. Je suis dans une espèce de trou juridique."

Selon le cinéaste et producteur, s'il tourne en Hongrie, il récupère fiscalement de ce pays 35 à 40% de l'investissement total. "Je suis patriote, mais 15 à 20 millions ça commence à faire un peu lourd (...)".

La réponse de Fleur Pellerin : pas de cas particulier

Fleur Pellerin a affirmé mardi qu'elle "ne faisait pas de réglementation ou de législation pour des cas particuliers", en réponse à Luc Besson. "Moi je n'adapte pas les dispositifs pour les cas précis, a dit la ministre de la Culture interrogée sur RTL, mais je crée un cadre pour rendre attractif le territoire pour les films français". "Je continue à travailler pour rendre ces dispositifs encore plus attractifs  et je serais évidemment ravie si (...) la valeur ajoutée que créerait le tournage de ce film en France pouvait bénéficier à notre territoire plutôt qu'à celui de nos voisins", a ajouté la ministre.

Besson écrit "Lucy 2"

Luc Besson a par ailleurs annoncé être en train d'écrire "Lucy 2", toujours avec Scarlett Johansson. Revenant sur la polémique concernant son statut fiscal personnel, le réalisateur qui est devenu résident fiscal en Californie a expliqué qu'il vivait six mois aux USA et six mois en France.

"Je paie à peu près 20% d'impôts aux USA, 80% en France. J'ai essayé de faire cet équilibre dans ce sens là (...) J'aurais pu faire 100% aux USA. J'ai demandé à ce qu'il y ait le maximum en France parce que je préfère payer mes impôts dans mon pays."