Record de tournages de films français en 2015 avec plus de délocalisations

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/02/2016 à 14H39, publié le 02/02/2016 à 14H36
Tournage du film "The Young Pope" avec Judd Law, à Venise en janvier 2016

Tournage du film "The Young Pope" avec Judd Law, à Venise en janvier 2016

© IPA PRESS/SIPA

La production de longs métrages français a atteint un niveau record en 2015 mais ces films ont été plus souvent tournés à l'étranger, a annoncé la Fédération des industries du cinéma, de l'audiovisuel et du multimédia. La Ficam a salué la décision du gouvernement de renforcer le Crédit d'impôt cinéma depuis le 1er janvier.

"Le bilan de l'année 2015 confirme les alertes lancées par la Ficam, soulignant que la croissance de la production de longs métrages s'accompagnait d'une forte inflation de la délocalisation des films à gros budgets notamment", a indiqué la fédération. Hors films d'animation et documentaires, 189 projets de longs métrages d'initiative française ont été recensés en 2015, un niveau jamais observé par la Ficam et une hausse de près de 28%.

La Ficam souligne que 36% de ces productions (en semaines de tournage) sont délocalisées, soit 14 points de plus que l'an passé, "un niveau jamais vu depuis huit ans". Pour les films à gros budget (plus de 10 millions d'euros), le taux de  délocalisations a culminé à 74% l'an passé, un niveau "encore jamais atteint". 

Parmi les quatre films de l'année à plus de 20 millions d'euros de budget, trois ont été quasi entièrement délocalisés ("Les Visiteurs 3", "The Lake", "HHHH"). Pour le quatrième ("L'Odyssée"), la totalité des travaux d'effets visuels ont été réalisés à l'étranger. Le taux de délocalisation (en nombre de semaines) a aussi davantage touché les films de moins de 10 millions d'euros (30%) qu'en 2014 (22%), atteignant  40% pour ceux dont le budget oscille entre 7 à 10 millions d'euros.

Autre phénomène : un nouveau cap a été franchi pour la délocalisation des prestations d'effets visuels, avec "un taux de 60% sur la période,  impactant lourdement l'emploi de cette filière, pourtant reconnue dans le monde entier".

Dans ce contexte, la Ficam salue la décision du gouvernement de renforcer le Crédit d'impôt cinéma depuis le 1er janvier, une mesure qui apporte, selon la fédération, "la meilleure réponse pour endiguer ces dérapages". "Un retournement sensible de la situation s'est déjà opéré depuis le début de l'année, impactant à la fois la localisation des prestations techniques, l'investissement et l'emploi dans l'ensemble de la filière". La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a décidé de généraliser à partir de 2016 le taux de 30% de crédit d'impôt pour le cinéma, jusqu'ici réservé aux films de moins de 4 millions d'euros. Son plafond a été relevé à 30 millions d'euros. Fleur Pellerin se rend aux Etats-Unis cette semaine notamment pour "promouvoir le Crédit d'impôt international que le gouvernement a renforcé afin d'encourager les tournages de films étrangers en France", a indiqué le ministère.