Le monde du cinéma se mobilise pour sauver les studios de Bry-sur-Marne

Par @Culturebox
Mis à jour le 16/01/2015 à 16H11, publié le 16/01/2015 à 16H01
Les studios de Bry-sur-Marne ont servi de décor à "Un village français"

Les studios de Bry-sur-Marne ont servi de décor à "Un village français"

© France 3

C'est l'un des monuments du cinéma français qui est menacé de disparition. Les studios de Bry-sur-Marne (Val-de-Marne) vendus il y a deux ans à un promoteur immobilier pourraient prochainement cesser leur activité. Une catastrophe pour les professionnels du 7e Art qui ont décidé de se mobiliser.

Reportage : G.Faure / N.Longarevic / G.Fontenit
Une rue du vieux Paris entièrement reconstituée. C'est l'un des nombreux atouts dont disposent les studios de Bry-sur-Marne, à 10 km de Paris. En Europe, seule Cinecittà à Rome et Pinewood près de Londres disposent de ce genre de décor, "backlot" dans le jargon cinématographique. Une particularité à laquelle les réalisateurs sont attachés. Ils sont nombreux à avoir tourné ici. De Bertrand Tavernier à Jean-Pierre Jeunet, de Cédric Klapisch à Roman Polanski : tous savent combien le site est précieux pour leur travail. Et ils ont décidé de le faire savoir à travers une pétition.

Un avenir incertain
Créés en 1987 par la SFP (Société française de production), les studios de Bry-sur-Marne sont devenus au fil du temps une véritable institution. Sur 13 hectares, le site a accueilli des centaines de tournages pour la télévision et pour le cinéma. On vient de partout pour avoir la chance de travailler ici. La preuve : fin 2013-début 2014, l'équipe de Hunger Games a posé ses valises à Bry ! Mais aujourd'hui cet outil de travail formidable (qui dispose notamment d'un atelier de décors unique en France) pourrait bien disparaître. En 2012, le propriétaire des lieux Euro Media, qui a décidé de déménager ses activités vers la Cité du Cinéma de Luc Besson, revend le site à un groupe immobilier brésilien, Nemoa. Dans le contrat, une clause de non-concurrence est intégrée. Nemoa ne pourra y développer aucune activité en relation avec la production audiovisuelle. C'est cette clause qui menace aujourd'hui l'avenir de Bry.

Tentatives de conciliation

Le bail d'Euro Media se termine le 15 avril prochain. Au-delà, c'est l'incertitude. Une table ronde organisée il y a quelques jours (le 12 janvier) a permis de confronter les différents points de vue. Le nouveau propriétaire Rudy Marzouk (Nemoa) est d'accord pour trouver un repreneur qui poursuive l'activité cinéma sur le site. Il faudrait pour cela casser la clause de non-concurrence. Affaire à suivre.