Toulouse : le film "La désintégration" prend un nouveau relief

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 21/03/2012 à 11H38
Rashid Debbouze, Yassine Azzouz, Ymanol Perset et Mohamed Nachit dans "La Désintégration" de Philippe Faucon

Rashid Debbouze, Yassine Azzouz, Ymanol Perset et Mohamed Nachit dans "La Désintégration" de Philippe Faucon

© Pyramide Distribution

Les tragiques tueries de Montauban et de Toulouse survenues en moins d’une semaine, suivies de l’opération policière visant un jeune de 24 ans se disant djiadiste, formé à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan, rappellent étrangement le film « La Désintégration » de Philippe Faucon, sorti en salles le 12 février dernier.

Délocalisation
Le film se déroule dans une cité de l’agglomération lilloise, où trois jeunes Français d’origine maghrébine d’une vingtaine d’années rencontrent un aîné de dix ans, charismatique et manipulateur. Il va les endoctriner peu à peu, connaissant mieux que quiconque leurs déceptions, leurs failles et leurs révoltes face à une société dans laquelle ils sont nés, mais dont aucun des trois ne pense plus désormais faire partie.
 

«La désintégration» démontre la montée de l'islam fondamentaliste parmi les jeunes des cités, nourrie par le malaise ressenti dans les banlieues. L’on a également beaucoup parlé de la délocalisation en France du conflit israélo-palestinien chez certains jeunes banlieusards ayant agressé des membres de la communauté juive. Ainsi, parmi les revendications affirmées par le tueur présumé de Toulouse, figure la vengeance de la mort des enfants palestiniens dans le cadre du conflit au Proche-Orient.

"La Désintégration" : les raisons d'une rupture :

Trahison
L’affirmation de l’identité ethnique dans le fondamentalisme islamique semble répondre à une stigmatisation à répétition par les politiques de l’islam. C’était dernièrement la polémique autour de la viande halal, lancée par Marine Le Pen, précédée de peu par les propos du ministre de l’Intérieur Claude Guéant sur «l’inégalité des civilisations». Ces propos prennent d’autant plus d’ampleur qu’ils sont repris, discutés, critiqués, pendant des jours par les personnalités politiques de tout bord, des «experts» et les médias, leur donnant un écho retentissant, et qui peuvent être interprétés comme discriminatoires pour les communautés ciblées.

La réaction ne peut être qu’extrême de leur part, alimentée par des situations sociales globalement défavorisées, dont la source a pour nom chômage, précarité, et le sentiment de délitement des idéaux républicains par le comportement de certains politiques, taxés de corrompus à échéances régulières. Un sentiment de trahison qui aboutit à un repli sur soi et une colère dont l’expression s’incarne dans des positions idéologiques extrêmes génératrices de violence. Tout le propos de «La Désintégration».