"The tower" : 70 ans de conflit israélo-palestinien dans un film d'animation

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/07/2017 à 15H36, publié le 19/07/2017 à 15H20
Wardi, la jeune héroïne de "The tower" et Sidi, son arrière-grand-père. 

Wardi, la jeune héroïne de "The tower" et Sidi, son arrière-grand-père. 

© Foliascope / Les Contes Modernes

Dans la lignée de "Valse avec Bachir", "The Tower" évoque quatre générations de réfugiés palestiniens dans un camp au Liban, à travers les yeux de Wardi, une petite fille de 11 ans. Le réalisateur norvégien Mats Grorud a confié la production de ce long-métrage au studio Foliascope, basé dans la Drôme. Il a choisi de mêler la technique du stop motion et celle de l'animation traditionnelle en 2D.

Reportage : J. Sauvadon / H. Chapelon / A. Gavin
Malgré les dessins animés à gros budget des studios américains Disney ou Pixar, les films d'animation en stop motion (animation d'objets image par image ou "animation en volume") ont encore la cote. En témoigne le formidable succès de "Ma vie de courgette" de Claude Barras qui a raflé plusieurs récompenses comme le César du meilleur film d'animation 2017 et qui a raté de peu un Oscar à Hollywood. 

Réalisé dans un studio drômois 

Le Norvégien Mats Grorud, lui, a choisi de mêler le stop motion (animation de marionnettes) avec l'animation 2D traditionnelle. Peu de studios sont capables de combiner ces deux techniques. C'est pourquoi le réalisateur a quitté la Norvège pour s'installer à Beaumont-les-Valence, dans la Drôme, où est basé le studio d'animation Foliascope. 

"Il y a bien sûr des studios en Norvège qui produisent des films d'animation en volume", explique-t-il, "mais sur ce projet, c'était difficile de travailler avec eux. Ils font plutôt des films commerciaux destinés aux enfants, et là, nous ciblons un public plus adulte. La France était le pays idéal pour faire ce film". 
the tower 2 © Foliascope / Les Contes Modernes

Au coeur d'un camp de réfugiés à Beyrouth 

Pour écrire "The tower", un projet qu'il mûrit depuis plus de 10 ans, Mats Grorud s'est inspiré des histoires qu'il a glanées et des conversations qu'il a eues avec des réfugiés palestiniens dans un camp au Liban où il a passé un an au début des années 2000.
L'histoire est celle d'une petite fille de 11 ans, Wardi, qui vit dans un camp de réfugiés à Beyrouth.
tower 3 © Foliascope / Les Contes Modernes
Son arrière-grand-père, Sidi, s'y est installé en 1948 après avoir été expulsé de son village en Palestine. 70 ans plus tard, cette situation censée être provisoire perdure encore. Sidi encourage son arrière-petite-fille à aller découvrir des éléments de son passé auprès de ses proches. Toute la famille vit dans une tour qui est de plus en plus haute à mesure que les réfugiés s'y installent. Wardi décide donc de gravir la tour de sa famille, à la conquête de son histoire. 
tower 2 © Foliascope / Les Contes Modernes
A travers les témoignages recueillis par Wardi auprès de quatre générations de réfugiés, le film retrace 70 ans du conflit israélo-palestinien. L'objectif du réalisateur est de montrer l'absurdité des camps, l'espoir, les rêves et les luttes de ses habitants. 
Produit par une autre société drômoise, Les Contes Modernes, "The tower" sortira en 2018. En attendant, en voici quelques extraits : 

affiche the tower