"The Artist" accusé de plagiat : le plaignant condamné pour procédure abusive

Par @Culturebox
Publié le 25/02/2016 à 16H08
Jean Dujardin dans "The Artist"

Jean Dujardin dans "The Artist"

© Copyright Warner Bros. France

Le scénariste Christophe Valdenaire, qui accusait le film "The Artist" de plagiat, a non seulement perdu son procès en contrefaçon, mais il a aussi été condamné jeudi par le tribunal de grande instance de Paris pour procédure abusive.

Il devra verser à ce titre un total de 21.000 euros à diverses sociétés et 29.000 euros pour les frais de justice. Le tribunal a en outre ordonné la publication d'un communiqué judiciaire faisant état de sa condamnation pour procédure abusive sur son site internet et dans deux journaux, une fois le jugement devenu définitif.

Christophe Valdenaire, qui réclamait plus de cinq millions d'euros de dommages et intérêts, a écrit le scénario d'un long métrage, "Timidity, la symphonie du Petit Homme" : l'histoire, en 2507, d'un acteur qui suit les préceptes d'un livre pour venir à bout de sa timidité maladive. Le projet de film est en noir et blanc, et muet, comme "The Artist".

Les juges ont fustigé un "raisonnement vicié" de l'accusateur

Le film aux cinq Oscars, lui, raconte l'histoire à Hollywood entre 1927 et 1932 d'une star du cinéma muet qui rate le train du passage au cinéma parlant. Les deux œuvres "n'ont aucune ressemblance autre que la correspondance d'idées non appropriables", a estimé la troisième chambre civile du TGI de Paris dans son jugement, consulté par l'AFP.

Les juges étrillent le "raisonnement vicié" de Christophe Valdenaire, construit sur un "postulat erroné sinon mensonger", qui fait "fi des différences globales formelles et conceptuelles évidentes" et "définit les caractéristiques de détail de son scénario par référence au film The Artist au prix de raccourcis trompeurs voire de présentations déloyales".

Ils s'en prennent également à la médiatisation par le scénariste de ses accusations, "sans prudence ni mesure", "érigeant la contrefaçon alléguée en certitude". Comportement qui traduit pour eux une "intention univoque de nuire" à laquelle vient s'ajouter une "légèreté blâmable" qui signe le caractère abusif de cette procédure.