Scène de sodomie du "Dernier tango à Paris" : Bertolucci se défend

Par @Culturebox
Publié le 05/12/2016 à 20H06
Marlon Brando et Maria Schneider dans "Dernier tango à Paris" en 1972.

Marlon Brando et Maria Schneider dans "Dernier tango à Paris" en 1972.

© United Artists - Collection Christophell / AFP

Le "Dernier Tango à Paris" de Bernardo Bertolucci est sorti il y a quarante-quatre ans. Mais sa sulfureuse scène de sodomie fait toujours polémique. Le cinéaste italien s'est défendu lundi de nouvelles accusations de violences sexuelles relayées par des stars de cinéma américaines.

L'actrice "Maria Schneider avait lu le scénario", plaide Bertolucci

"Je voudrais, pour la dernière fois, clarifier un malentendu ridicule qui continue à être rapporté à propos de "Dernier tango à Paris" dans des journaux du monde entier", écrit lundi dans un communiqué le réalisateur Bernardo Bertolucci. Le cinéaste âgé de 76 ans se défend des accusations de violence sexuelle à l'encontre de l'actrice Maria Schneider, âgée de 19 ans au moment du tournage.

"Certains ont pensé et pensent que Maria n'avait pas été informée de la violence subie (dans la scène). Faux! Maria savait tout parce qu'elle avait lu le scénario où tout était décrit. La seule nouveauté était l'idée du beurre", a affirmé Bertolucci, laissant entendre que la scène de sexe était simulée dans le film.  

Il a jugé "désolant" la naïveté de ceux qui ne savent pas que "le sexe est (presque) toujours simulé au cinéma".

Les regrets de l'actrice française 10 ans après

Dans le "Dernier Tango à Paris" (1972), une jeune fille vit une passion torride de quelques jours avec un veuf américain de passage à Paris, dans un appartement avec vue sur la Seine. Marlon Brando, à l'époque une véritable légende vivante, y interprétait l'un de ses derniers grands rôles.

L'actrice française Maria Schneider, décédée en 2011, avait déclaré dix ans après la sortie du film regretter ce tournage, disant avoir "perdu sept ans de vie" entre cocaïne, héroïne et dégoût de soi.

"J'étais jeune, innocente, je ne comprenais pas ce que je faisais. Aujourd'hui, je refuserais. Tout ce tapage autour de moi m'a déboussolée", avait-elle confié.

La polémique réactivée outre Atlantique

La polémique a resurgi aux Etats-Unis. "A tous ceux qui ont aimé le film, vous êtes en train de regarder une jeune fille de 19 ans en train d'être violée par un homme de 48 ans. Le réalisateur a planifié l'agression. Ca me rend malade", a notamment écrit sur Twitter la star américaine Jessica Chastain, suivie par d'autres actrices scandalisées.