Ronit Elkabetz, icône du cinéma israélien, est morte

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/04/2016 à 09H47, publié le 19/04/2016 à 09H40
Ronit Elkabetz à Holliwood le 27 octobre 2014

Ronit Elkabetz à Holliwood le 27 octobre 2014

© Jason Kempin / Getty Images / AFP

L'actrice israélienne Ronit Elkabetz, ambassadrice et personnalité emblématique du cinéma israélien, très appréciée en France, est décédée mardi matin à l'âge de 51 ans des suites d'un cancer, a indiqué son agent.

Née le 27 novembre 1964 à Beer-Sheva, dans le sud d'Israël, de parents juifs marocains d'origine modeste, Ronit Elkabetz était devenue actrice, scénariste et réalisatrice. Elle partageait son temps entre Israël et la France où elle avait joué notamment dans le film d'André Téchiné "La Fille du RER" (2009) aux côtés de Catherine Deneuve et dans "Cendres et sang" (2010) de Fanny Ardant.

Son dernier film, "Gett", co-réalisé avec son frère Shlomi Elkabetz, avait été nommé dans la catégorie film étranger pour les Golden Globes 2015. C'était le dernier volet d'une trilogie familiale initiée avec "Prendre femme" (2004) puis "Les Sept jours" (2007), huis clos autour de la période traditionnelle de deuil.

La bande-annonce de "Gett" (Le procès de Viviane Amsalem), le dernier film de Ronit et Shlomi Elkabetz

Fille aînée d'une famille de quatre enfants, forte personnalité, Ronit Elkabetz, qui n'avait jamais pris de cours de comédie, avait reçu de nombreuses récompenses en Israël et à l'étranger comme actrice et réalisatrice. Reconnaissable à sa chevelure noire et son teint pâle, elle avait été révélée à l'étranger en tant qu'actrice par "Mariage Tardif" (2001) puis par le succès de "La visite de la fanfare" (2007), prix du jury Un Certain Regard à Cannes. Elle avait joué dans de nombreux films israéliens et étrangers incarnant alternativement des personnages de femmes fortes ou à la dérive, ou les deux à la fois.

Les hommages se multiplient

L'ancien président israélien Shimon Peres l'a qualifiée d'"excellente actrice", de "femme de culture de premier plan" et "d'ambassadrice culturelle exceptionnelle d'Israël", dans des propos rapportés à la radio publique. "Elle mélangeait le talent, l'écriture et le jeu avec une signature spéciale qui lui était propre."

La disparition de Ronit Elkabetz a provoqué de nombreuses réactions attristées également en France, pays avec lequel elle a co-produit ses derniers films. "C'est aussi le cinéma français qui perd l'une de ses réalisatrices les plus prometteuses", a déclaré la présidente du Centre national du Cinéma (CNC) Frédérique Bredin. Elle a salué la mémoire d'une "artiste engagée", "admirée pour son charisme et sa beauté" et qui "regardait la société israélienne droit dans les yeux en la questionnant sur ses traditions et, dans 'Gett', son dernier film, sur ses archaïsmes".

Charles Tesson, délégué général de la Semaine de la critique, la sélection parallèle du Festival de Cannes, dont Ronit Elkabetz avait présidé le jury en 2015, l'a qualifiée sur l'AFP de "figure incontournable" du cinéma israélien. "Si le cinéma israélien est aussi riche, qu'on en voit autant tous les ans à Cannes, ça lui doit beaucoup." En tant que présidente du jury de la Semaine de la critique, "elle m'avait beaucoup marquée par son engagement, son exigence envers les autres et envers elle-même et cette manière de s'impliquer, d'être comme une sorte d'écorchée vive", a-t-il ajouté.

VIDEO. Une interview de Ronit Elkabetz dans "Des Mots de Minuit" en 2004 à Cannes