Roman Polanski prêt à aller aux Etats-Unis pour clore les poursuites pour viol

Par @Culturebox
Mis à jour le 16/02/2017 à 20H11, publié le 16/02/2017 à 20H09
Roman Polanski  - 2015

Roman Polanski  - 2015

© JANEK SKARZYNSKI / AFP

Roman Polanski, 83 nans, est prêt à retourner aux Etats-Unis pour mettre fin à l'affaire de viol d'une mineure qui le poursuit depuis 40 ans, à condition d'avoir la garantie qu'il ne serait pas incarcéré, selon son avocat jeudi.

Renoncement aux César

Roman Polkanski avait renoncé à présider la 42e cérémonie des César du 24 février prochain, face à la réaction déclenchée par des associations féministes, contre sa nomination. La nouvelle du choix de Roman Polanski pour succéder à Claude Lelouch pour présider les César, annoncée le 18 janvier, avait créé aussitôt une grande polémique qui était remontée jusqu'au gouvernement.

Les associations féministes avaient lancé une pétition pour sa destitution avec plus de 61.000 signatures recueillies à ce jour et un appel au boycott de la cérémonie. La tension était montée d'un cran lundi 23 janvier avec un appel à manifester devant le restaurant Le Fouquet's où devaient être annoncées les 25 nominations. Cette polémique a "profondément attristé Roman Polanski et atteint sa famille" et le réalisateur "a décidé de ne pas donner suite à l'invitation" des organisateurs, stipulait alors un communiqué de son avocat.

Fugitif

La jeune victime, Samantha Geimer, a assuré de longue date avoir pardonné à Roman Polanski, mais cela n'a jamais été le cas de la justice américaine qui avait déclenché en Californie en 1977 des poursuites contre le réalisateur de "Rosemary's Baby" pour le viol de l'adolescente, âgée de 13 ans à l'époque. Libéré sous caution après 42 jours de prison, le cinéaste, alors âgé de 43 ans, qui avait plaidé coupable de "rapports sexuels illégaux" avec une mineure mais nié le viol, s'était enfui des États-Unis avant le verdict, craignant d'être lourdement condamné.

Considéré depuis comme un "fugitif" par les États-Unis, il court toujours le risque d'y être extradé lors de ses déplacements hors de France. Depuis 40 ans, cette affaire refait régulièrement surface. Elle avait encore été évoquée implicitement lors de la cérémonie d'ouverture du dernier Festival de Cannes, suscitant la colère d'Emmanuelle Seigner, l'épouse du cinéaste.

En août 1969, la première femme du réalisateur, Sharon Tate, avait été assassinée dans leur villa de Los Angeles par des adeptes de Charles Manson, alors qu'elle était enceinte de leur enfant. Certains médias américains étaient alors allés jusqu'à créer une véritable cabale autour du cinéaste, le jugeant "sulfureux" pour avoir réalisé en 1967 "Rosemary's Baby" dont le sujet était la naissance de l'Antéchrist, alors que Manson se réclamait sataniste.