Pierre Richard et Marina Vlady rencontrent les mal-logés

Par @Culturebox
Mis à jour le 05/10/2015 à 20H13, publié le 05/10/2015 à 20H09
Pierre Richard, Marina Vlady et, au centre, Jean-Baptise Eyraud, porte-parole du DAL, le 5 octobre 2015.

Pierre Richard, Marina Vlady et, au centre, Jean-Baptise Eyraud, porte-parole du DAL, le 5 octobre 2015.

© AFP

Lundi, sous une pluie battante, les acteurs Marina Vlady et Pierre Richard sont venus rencontrer une cinquantaine de mal-logés place de la République à Paris. Ils soutenaient l'action de l'association Droit au Logement (DAL) qui réclame la suspension des expulsions de locataires.

"Je suis stupéfait que la France laisse des familles entières sans toit", a dit Pierre Richard en rencontrant ce groupe de personnes logées depuis fin juillet par le DAL dans un campement de fortune place de la République. "C'est aberrant pour une société qui se dit +humaine+", a ajouté l'acteur.

Le DAL craint la hausse traditionnelle des expulsions au mois d'octobre. La fin du mois marque en effet le début de la trève annuelle, qui commence le 1er novembre et se termine le 31 mars, interdisant l'expulsion des locataires en raison du froid. "Les huissiers et les propriétaires font pression sur la préfecture pour obtenir l'expulsion des locataires par les forces d'ordre avant la trêve hivernale", affirme Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de l'association.

Une photo avec "le grand blond"

Dans le camp, la visite des deux acteurs fait son effet. Plusieurs expulsés se pressent pour une photo avec le "Grand blond". "C'est une bonne chose, ça va attirer l'oeil sur nous", dit Lamia Zerrim. Expulsée le 21 juillet pour cause de récupération de logement, cette mère de deux enfants dort dans le camp depuis sa création. Elle bénéficie pourtant du statut "Dalo".

En Ile-de-France, la demande dépasse l'offre

La loi éponyme, votée en mars 2007, stipule que toute personne menacée d'expulsion et n'étant pas en situation de se reloger par elle-même peut être reconnue prioritaire pour l'accès à un logement social. Mais en Île-de-France, la demande dépasse largement l'offre. "Ils accordent les statuts Dalo comme dans un jeu", raconte Lamia Zerrim. En mars, plus de 59.000 ménages Dalo se trouvaient dans l'attente d'un relogement, selon le Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées (HCLPD).

Les derniers chiffres officiels en matière d'expulsions locatives, datant de 2013, faisaient état de 125.923 jugements d'expulsion pour l'année. Cependant la plupart des locataires concernés quittent leur logement avant l'intervention des forces de l'ordre. Les expulsions dites "effectives", durant lesquelles la police intervient, concernent une dizaine de milliers de cas par an. Selon le DAL près de 132.000 jugements d'expulsion auraient été prononcés en 2014, pour 11.600 expulsions effectives.