Mort de Marie Dubois, grande comédienne de la Nouvelle Vague

Par @Culturebox
Mis à jour le 16/10/2014 à 09H48, publié le 16/10/2014 à 09H30
Marie Dubois. © ARCHIVES DU 7EME ART / PHOTO12

Claudine Huzé, alias Marie Dubois, est décédée mercredi 15 octobre à l'âge de 77 ans. La comédienne a été l'une des interprètes de la Nouvelle Vague, depuis les films de François Truffaut qui la révéla, à ceux de Jean-Luc Godard, Louis Malle ou Eric Rohmer. Mais elle a été également aux côtés de Bourvil dans "Les grandes gueules" de Robert Enrico ou "La grande vadrouille" de Gérard Oury.

Souffrant depuis sa jeunesse de sclérose en plaques, Marie Dubois est morte dans une maison de retraite de la banlieue de Pau où elle vivait depuis 2010. En 2013, elle avait reçu chez elle les insignes de chevalier de la Légion d'Honneur des mains de la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti.

Un pseudonyme choisi avec François Truffaut

Née Claudine Lucie Pauline Huzé le 12 janvier 1937 à Paris, Marie Dubois avait débuté au théâtre après le Conservatoire. La belle jeune femme blonde aux yeux bleus est révélée par François Truffaut en serveuse de bar dans "Tirez sur le pianiste" (1959). 
Les bouts d'essai de François Truffaut pour son film "Tirez sur le pianiste".
C'est lui qui lui fera prendre le pseudonyme de Marie Dubois, titre d'un roman de Jacques Audiberti paru en 1952 dont elle aimait l'héroïne.
Extrait de "Tirez sur le pianiste" de François Truffaut
Après ses débuts au théâtre, elle s'était fait remarquer à la télévision, notamment dans "Les cinq dernières minutes" (1959), puis au cinéma avec Eric Rohmer dans "Le signe du lion" (1959). L'actrice retrouvera François Truffaut deux ans plus tard dans "Jules et Jim". 

Des rôles difficiles, avec Godard, Truffaut, Rohmer, Visconti...

Malgré sa beauté pure et lumineuse, Marie Dubois refuse d'incarner les ingénues. Elle joue des rôles souvent difficiles avec des cinéastes tels que Jean-Luc Godard ("Une femme est une femme"), René Clair ("Les fêtes galantes"), Louis Malle ("Le voleur"), Claude Sautet ("Vincent, François, Paul et les autres", "Garçon !"), Luchino Visconti ("L'innocent") ou Alain Corneau ("La menace"), qui lui vaut le César du meilleur second rôle en 1977, Claude Chabrol ("Rien ne va plus").

Mais on la retrouve également dans des comédies comme "La grande  vadrouille" de Gérard Oury (1966). L'année précédente elle était déjà aux côtés de Bourvil et Lino Ventura dans "Les Grandes Gueules" de Robert Enrico. Marie Dubois s'engage parallèlement auprès des jeunes réalisateurs et contribue à révéler, entre autres, le Suisse Michel Soutter ("Les arpenteurs",  "L'escapade"). 

Au théâtre, au début de sa carrière, elle se produit dans "La contessa ou  la volupté d'être", de Maurice Druon, "Les vacances de Jessica" ou  "L'engrenage". Elle a également joué pour la télévision dans "Jacques le fataliste",  "Marie Curie", "François le Champi", "Madame le juge" ou "Bel-Ami".

"La mort ne me fait pas peur"

En 2001, elle s'engage publiquement dans la lutte contre la sclérose en  plaques, en témoignant dans un film réalisé par Alain Corneau. Le 3 novembre  2007, elle perd son mari Serge Rousseau (agent et acteur de cinéma) avec qui  elle s'était mariée en 1961, père de sa fille Dominique.

"La mort ne me fait pas peur. La foi m'est naturelle", avait-elle confié en  publiant en 2002 une touchante autobiographie dans laquelle elle évoquait sa  lutte contre la maladie ("Je n'ai jamais menti, j'ai pas tout dit...", Plon).