Mort d'Alfredo Guevara, le père du cinéma cubain

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/04/2013 à 23H02, publié le 19/04/2013 à 20H50
Alfredo Guevara le 2 décembre 2008 à La Havane, lors de la cérémonie d'ouverture du 30e Festival latino-américain

Alfredo Guevara le 2 décembre 2008 à La Havane, lors de la cérémonie d'ouverture du 30e Festival latino-américain

© Juan Carlos Borjas / AFP

Le père du cinéma cubain moderne, Alfredo Guevara, ami personnel de Fidel et Raul Castro, s'est éteint vendredi à 87 ans à son domicile de La Havane, des suites d'un infarctus, a annoncé à l'AFP son secrétaire personnel José Ferreiro.

"Il est mort vers midi (16H00 GMT) chez lui, nous sommes en contact avec la famille et nous publierons plus tard un communiqué avec les détails", a indiqué ce secrétaire.

"Si je suis comme je suis, organiquement fidèle à mes idées, je suis organiquement fidèle à Fidel, car c'est la même chose", avait affirmé un jour Alfredo Guevara.

Docteur en philosophie et lettres de l'université de La Havane, où il avait connu Fidel Castro, Alfredo Guevara avait notamment été le fondateur et président de l'Institut cubain de l'art et l'industrie cinématographique (Icaic), l'institution qui a produit la quasi totalité des grands films cubains depuis un demi-siècle.

Président de la Cinémathèque de Cuba, Alfredo Guevara fut également en 1979 un des fondateurs du Festival du nouveau cinéma latino-américain de La Havane, qu'il a présidé jusqu'à sa dernière édition en décembre dernier. En 1986, il avait également créé, avec l'écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez, l'Ecole internationale de cinéma de San Antonio de los Baños, près de La Havane, où ont été formés des générations de cinéastes latino-américains.

Guevara avait résisté au "réalisme socialiste" soviétique
Membre du comité central du Parti communiste de Cuba de 1991 à 1997, député de 1993 à 1998, Alfredo Guevara s'était distingué pour avoir toujours été l'adversaire de l'instauration à Cuba du "réalisme socialiste" promu par l'Union soviétique, s'efforçant de développer une culture cubaine indépendante.

Ecarté pour cette raison de l'Icaic après 22 ans de présidence, il est, selon sa propre expression, "préservé" par Fidel Castro qui le nomme en 1983 ambassadeur auprès de l'Unesco pour dix ans. Il collaborait déjà auprès de l'institution depuis 1968. Il y recevra, des mains de son président Federico Mayor, la médaille d'Or Federico Fellini, distinguant les grandes carrières cinématographiques.

Après une nouvelle crise politique au sein de la nomenklatura, il reprendra la présidence de l'Icaic jusqu'en 2000, date à laquelle il demande à être libéré de ses fonctions pour se consacrer à l'écriture. Ses dernières années furent consacrées essentiellement à la présidence du Festival de cinéma latino-américain de La Havane et à dispenser de nombreuses conférences auprès d'étudiants, en appui aux réformes d'ouverture lancées depuis trois ans par le président Raul Castro.

Entre de multiples hommages internationaux, Alfredo Guevara avait notamment reçu du président français François Mitterrand le grade de commandeur de la Légion d'Honneur, la plus haute décoration française.