Mireille Darc, réalisatrice de documentaires de société et femme engagée dans l'humanitaire

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/08/2017 à 19H13, publié le 28/08/2017 à 12H16
Mireille Darc en 2006.

Mireille Darc en 2006.

© LORIEUX/SIPA

Il y avait la comédienne emblématique des années 60 et 70, celle qui a fait fantasmer les hommes, le côté star, glamour, le couple avec Alain Delon. Et puis il y a eu la femme engagée dans l’humanitaire et l’auteure de documentaires où elle recueillait la parole de ceux qui souffrent, qui a touché de plus en plus le grand public.

Quand, ce matin, à l’annonce de la mort de Mireille Darc, la ministre de la Culture Françoise Nyssen, a salué "une grande figure du cinéma français", mais aussi "une femme de courage et d'engagement", cela montre à quel point cette dimension de Mireille Darc a été importante auprès du grand public.

Derrière la caméra à partir des années 1990 pour s’intéresser aux exclus

Le point de bascule dans le parcours de Mireille Darc se situe dans les années 1980, après une opération à cœur ouvert qui l’oblige à une réorientation de sa carrière. Marquée également par sa rupture avec Alain Delon, Mireille Darc quitte alors le cinéma.

Son parcours se situe alors à la télévision dans les années 1990. Non seulement pour des rôles dans des séries ou des téléfilms (comme "Les Cœurs brûlés", "Terre indigo" ou "Frank Riva" avec Alain Delon). Mais surtout en qualité de réalisatrice de documentaires et de reportages de société pour France Télévisions (Envoyé Spécial, Infrarouge ou Des racines et des ailes) où elle exprime son attention pour des catégories de personnes en difficulté.

"Au cinéma j’ai été heureuse. Avec les documentaires j’ai grandi"

Mireille Darc évoque la transplantation d’organes dans "La deuxième vie" (1992), les prostituées dans "Brève rencontre" (1994), le cancer dans "Le doute et l’espérance" (1996) et les femmes qui sortent de prison dans "De l’ombre à la lumière" (2002), les actrices de films X dans "Une vie classée X" (2005), les femmes SDF dans "Elles sont des dizaines de milliers sans abri"  (2015).


Mireille Darc confiait au quotidien Le Figaro en 2012, à l’occasion de la diffusion de "Pardonner", un documentaire sur la notion de pardon, que réaliser ces sujets était pour elle comme "une sorte de thérapie. Sans la forme documentaire, je paraîtrais trop curieuse. À travers le documentaire, je me donne la possibilité d’approcher les autres de manière plus profonde", dit celle qui, au total, aura réalisé treize documentaires pour la télévision. A Libération, en 2015, elle ajoutait : "J’ai su négocier un tournant, changer de cap. Les documentaires, c’est ce qui m’a le plus enrichie sur le plan humain. J’ai grandi. Au cinéma, j’ai vécu, j’ai été heureuse, je me suis bien explosé la tête. Mais je n’ai pas grandi".

Engagée de manière concrète et efficace dans l'humanitaire

Depuis 2005, Mireille Darc était la marraine de l'association humanitaire "La Chaîne de l'espoir" pour laquelle elle a reçu le Prix Clarins en 2006. Interrogé ce matin 28 août par Daniel Wolfromm de Culturebox, le professeur Deloche, de La Chaîne de l’espoir, confiait que Mireille Darc était non seulement très précieuse pour recueillir les fonds, mais elle avait surtout un engagement très pratique, concret. Elle allait sur le terrain, au Sénégal ou à Kaboul, elle vérifiait toujours sur place que les engagements étaient bien tenus, que les promesses de matériel ou d’actions étaient suivis et donnaient des résultats.

Elle également depuis 2008 la marraine de l'opération « + de Vie », opération de solidarité pour améliorer le quotidien des personnes âgées hospitalisées. En 2006, Jacques Chirac lui remettait les insignes de la Légion d'honneur.