Lugagnac n’oublie pas Louis Malle

Par @Culturebox
Mis à jour le 30/07/2015 à 12H47, publié le 30/07/2015 à 12H42
Louis Malle, partout sur les murs de Lugagnac (Lot)

Louis Malle, partout sur les murs de Lugagnac (Lot)

© France 3

Le réalisateur avait acheté une maison dans ce petit village du Quercy, une région dont il se servira comme décor pour certains de ses films comme "Black Moon" et "Lacombe Lucien". A l’occasion du vingtième anniversaire de sa disparition, la commune de Lugagnac (Lot) a organisé à sa mémoire des projections et des rencontres. Pour ne pas oublier un metteur en scène majeur du cinéma français.

Reportage : Odile Debacker, Delphine Gérard et Fanette Declercq
Louis Malle (1932-1995) a d’emblée frappé fort. 1er long métrage en tant que réalisateur et Palme d’Or à Cannes avec "Le monde du silence" coréalisé en 1957 avec Jacques-Yves Cousteau et 1er documentaire primé.

Né dans une famille bourgeoise de sucriers du Nord, Louis Malle ne se destinait pas au cinéma. Mais le destin en décidera autrement. Il sera reçu au concours de l’IDHEC (Institut Des Hautes Etudes Cinématographiques devenu FEMIS).
Louis Malle, une forme de contestation de l'ordre établi

Louis Malle, une forme de contestation de l'ordre établi

© France 3
Après avoir travaillé avec Bresson, il poursuit seul sa carrière. Marqué par la nouvelle vague qui ne le reconnaitra pas comme l’un des siens, il signe cependant des oeuvres majeures telles que "Ascenseur pour l’échafaud" (1957) avec Jeanne Moreau et Maurice Ronnet et la célébrissime musique de Miles Davis. Ce sera ensuite "Les amants" toujours avec Jeanne Moreau puis "Zazie dans le métro" d’après le roman de Queneau.
"Zazie dans le métro" sur les murs d'une grange

"Zazie dans le métro" sur les murs d'une grange

© France 3
Avec "Le voleur", Louis Malle affirme son style, celui d’une critique sociale acerbe et cynique dans laquelle il ne propose aucun jugement moral mais se contente d’exposer des situations contadictoires. Ce sera le cas dans "Le souffle au cœur" où il évoque une relation incestueuse entre une mère et son fils et surtout dans "Lacombe Lucien" (1974). Dans ce film, il relate l’engagement dans la Milice d’un jeune homme que la Résistance avait refusé. Un engagement qui n’obéit à aucune conviction mais est le résultat d’une suite d’opportunités. Si ce film qui reste l’un des rares à évoquer le rôle et la nature de la Milice a été salué par la critique, il a été pour beaucoup considéré comme une insulte à la mémoire de la Résistance. Ce qui conduira Louis Malle à s’exiler aux Etats-Unis.
Piere Blaise dans "Lacombe Lucien"

Piere Blaise dans "Lacombe Lucien"

© France 3
De retour en France, il signe d’autres films qui lui vaudront la consécration comme metteur en scène : "Au revoir les enfants", récit en partie autobiographique de la rencontre pendant la guerre de deux enfants dont l’un est juif. Découvert par la Gestapo, il sera déporté. Et "Milou en mai" ou l’histoire d’un règlement de compte familial pendant en Mai 68. Louis Malle décède à Los Angeles en 1975.


L'hommage de Lugagnac (Lot)

Rencontres, projections, l'hommage à un "enfant du pays"

Rencontres, projections, l'hommage à un "enfant du pays"

© France 3
A Lugagnac où il avait acheté une maison à retaper, on n’a pas oublié Louis Malle. On se souvient même que lorsqu‘il y revenait, il allait jusqu’à prendre l’accent rocailleux du Quercy !

Pendant un an, les habitants de la commune ont travaillé à cet hommage fait de rencontres et de projections. Beaucoup ont ainsi pu voir, revoir ou découvrir "Zazie dans le métro", "Black Moon" ou "Lacombe Lucien". 

Survivant de l’aventure du "Monde du silence", André Laban était aussi invité. Il a pu raconter la réalisation du film. Louis Malle et lui partageait la même cabine à bord de la Calypso.
"Le monde du silence", Palme d'Or à Cannes en 1957

"Le monde du silence", Palme d'Or à Cannes en 1957

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