Le génie d'Alain Resnais en quelques bandes-annonces

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/03/2014 à 18H17, publié le 02/03/2014 à 13H39
Alain Resnais avec Delphine Seyrig sur le tournage de "L'Année dernière à Marienbad", 1961

Alain Resnais avec Delphine Seyrig sur le tournage de "L'Année dernière à Marienbad", 1961

© Archives du 7e Art / Photo 12 / AFP

Alain Resnais est l’un de ces rares cinéastes qui ont toujours soigné la bande-annonce de leurs films. Voici donc l’immense carrière de Resnais parcourue en à peine quelques moments, les minutes des "trailers" ou bandes-annonces des films les plus connus.

1959 : « Hiroshima mon amour »
1959 : « Hiroshima mon amour »

Premier long métrage de fiction d’Alain Resnais, qui jusque là avait réalisé de nombreux court-métrages et des documentaires, parmi lesquels « Nuit et brouillard » en 1955. Marguerite Duras est l’auteure du scénario et des dialogues « d’Hiroshima mon amour » ; évocation de la première bombe atomique lancée sur la ville japonaise, le film narre la rencontre amoureuse entre une actrice française venue à Hiroshima tourner un film sur la paix et un Japonais qui ne cesse de lui dire : « Tu n’as rien vu à Hiroshima ». Avec Emmanuelle Riva et Eiji Okada. 


1961 : "L’année dernière à Marienbad"

« Pour la première fois au cinéma, vous serez co-auteur d’un film ». Surprenante, inquiétante, la bande-annonce de « L’année dernière à Marienbad » dit la subjectivité assumée du film : au spectateur de juger si ce qu’il voit est vérité ou mensonge. Rencontre extraordinaire entre Alain Resnais et Alain Robbe-Grillet, et entre Delphine Seyrig et Giorgio Albertazzi.

1977 : "Providence"
 

Entre fantasmes créatifs littéraires et réalité, la frontière est floue pour Clive Langham, célèbre écrivain de 78 ans, qui, se sachant en fin de vie, écrit sa dernière œuvre dont les principaux personnages sont les membres de sa famille. Avec John Gielgud (le vieil écrivain) et Dick Bogarde (Claude Langham). Prix Méliès en 1977, ce film a également obtenu sept César (dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur) en 1978.


1978 : “Mon oncle d’Amérique”

Le professeur Henri Laborit (joué par lui-même) raconte et fait se croiser trois destinées pour illustrer ses théories scientifiques sur le comportement humain : un bourgeois à l’ambition politique abandonne tout pour une comédienne ; cette même comédienne quitte le milieu communiste de ses origines pour vivre sa vie ; et un fils de paysan devient directeur d’usine… Avec Gérard Depardieu, Nicole Garcia, Roger Pierre, Nicole Dubois, Pierre Arditi.
Grand Prix au Festival de Cannes de 1980.
 

1993 : "Smoking/No smoking"

Adaptation de la pièce britannique de Alan Ayckbourn, « Intimate exchanges ». Constitué de deux parties, présentées séparément en salle, c’est le film « multiple », où chacun des deux débuts contient six fins possibles différentes. Admirablement interprété par deux seuls comédiens : Sabine Azéma et Pierre Arditi, qui incarnent dans un petit village du Yorkshire (entièrement reconstitué en studio) neuf personnages « réels » et en évoquent tant d’autres… Difficile exercice de style et une jolie réflexion théâtrale sur le temps, le destin, le hasard…
Prix Louis-Delluc en 1993 et Cesar du meilleur film en 1994.

1996 : "On connaît la chanson”

Le film fait d’abord parler de lui grâce à une bande-annonce drôle et inventive dans sa simplicité, signée Agnès Jaoui (qui est aussi l’auteure, avec Jean-Pierre Bacri, du scénario du film) : le passage d’une chanson populaire (comme « Il est libre Max » d’Hervé Christiani) est dit sérieusement par les comédiens du film qui se succèdent face à la caméra.
Le film proprement dit, lui, fait intervenir, dans les dialogues des six principaux personnages, des bribes de chansons interprétées en play-back. Avec : Pierre Arditi, Sabine Azema, Lambert Wilson, Agnès Jaoui, André Dussolier.
Sept Cesar, dont celui du meilleur film en 1997.


2009 : "Les Herbes folles"

2009 : « Les herbes folles »
Sabine Azéma et André Dussolier à nouveau protagonistes, cette fois, d’une histoire d’amour à un seul sens, née d’un hasard : une femme se fait dérober son portefeuille et l’homme qui le trouve est attiré de manière obsessionnelle par sa propriétaire. D’après le roman de Christian Gailly, « L’incident ».  Avec également Emmanuelle Devos, Anne Consigny, Mathieu Amalric, Michel Vuillermoz, Roiger Pierre, Sara Forestier.
« Prix exceptionnel » au Festival de Cannes. 

2012 : "Vous n’avez encore rien vu"

Très libre adaptation « d’Eurydice » de Jean Anouilh.
Trois générations d’acteurs (la soixantaine, la quarantaine et la vingtaine) visionnent la captation d’une pièce qu’ils ont eux-mêmes interprétée à un moment ou à un autre de leurs carrières. Ils se trouvent donc face au jeu de leurs pairs et au leur, et face à l’intrigue amoureuse entre Orphée et Eurydice. Avec Sabine Azéma, Anne Consigny, Pierre Arditi, Lambert Wilson, Mathieu Amalric, Michel Piccoli…


2014 : "Aimer, boire et chanter"

La vie bouleversée de trois couples, dans la campagne du Yorkshire, depuis l’annonce de la maladie (et la mort prochaine) de George. Car les langues se délient et l’on découvre que celui-ci exerce une séduction particulière auprès des trois femmes. Avec notamment Sabine Azéma (qui joue ici pour la dixième fois sous la direction d’Alain Resnais), Sandrine Kiberlain (nouvelle dans la troupe de Resnais), Caroline Sihol, André Dussolier et Hippolyte Girardot (déjà présent dans « Vous n’avez encore rien vu »).